Top 20 Des meilleurs films de conquête de la lune
Warner Bros/Universal/Star Film/Sony Pictures

"Fly me to the moon..."

Fictions, films d’animation, documentaires... Dès ses origines, le cinéma s’est emparé de ce vieux rêve de l’être humain de poser le pied sur le sol lunaire, bien avant que celui-ci ne devienne réalité. À l’occasion de la sortie du documentaire Apollo 11, en septembre 2019, Première établissait le top des vingt œuvres en apesanteur qui ont su le mieux conquérir le grand écran.

20. Tykho Moon (Enki Bilal, 1997)

Pour Enki Bilal, l’avenir est sur la Lune. C’est là que le réalisateur-auteur de BD a situé l’action de son thriller futuriste, installant l’humanité sur une base construite à l’image de Paris. Plutôt mal accueilli à sa sortie, son film a bien vieilli, offrant une réflexion sur l’immortalité et la tyrannie. Michel Piccoli est parfait en dictateur et le couple Julie Delpy-Johan Leysen assez envoûtant. Certaines images impriment la rétine à jamais, comme cette demi-tour Eiffel posée sur la Lune. Un des rares exemples de SF dystopique française.

19. Fly Me To The Moon (Ben Stassen, 2008)

Qui a dit qu’on ne pouvait pas être pédago et divertissant ? Ben Stassen raconte l’histoire de la mission Apollo 11 par le prisme de trois petites mouches intrépides se glissant sous les casques des astronautes Neil Armstrong, Michael Collins et Buzz Aldrin pour vivre l’aventure de l’intérieur. Aldrin, qui se fend d’une courte intervention à la fin du film, en a aussi été le conseiller technique officieux, pointant plusieurs anomalies dans le montage original de ce premier long métrage en 3D de l’histoire du cinéma d’animation belge.

 

18. The Dish (Rob Sitch, 2002)

Dans tout exploit cohabitent toujours grande et petite histoires. La conquête de la Lune ne fait pas exception. Et c’est en tombant sur un article publié lors du 30e anniversaire de la mission Apollo que le Néo-Zélandais Rob Sitch a choisi de raconter un épisode méconnu de celle-ci : le rôle joué par un tout petit village australien chargé, grâce à son puissant radiotélescope, de retransmettre les fameuses images du premier pas sur la Lune... dans le monde entier! Avec, à la clé, une comédie réjouissante mêlant savoureusement images d’archives et portrait d’une communauté riche en personnages hauts en couleur.

17. La Souris sur la Lune (Richard Lester, 1963)

Cinq ans après La Souris qui rugissait de Jack Arnold, le futur réalisateur de 4 Garçons dans le vent en livre une suite réjouissante car en totale roue libre. On y suit les aventures du duché du Grand Fenwick, dont le seul scientifique met au point une fusée qui va pousser Américains et Soviétiques à développer fissa leur propre programme de conquête de la Lune. Une comédie à l’ancienne, au non-sens assumé, s’amusant de la guerre froide qui fait rage et portée par le toujours génial Terry-Thomas, trois ans avant qu’il ne devienne le Big Moustache de La Grande Vadrouille.

16. Les Figures de l’ombre (Theodore Melfi, 2017)

Dans ce milieu de la conquête spatiale en apparence exclusivement masculin, des femmes ont œuvré en coulisses. Les Figures de lombre réhabilite leur rôle. Particulièrement celui de trois scientifiques afro-américaines (Katherine Johnson, Mary Jackson et Dorothy Vaughan) dont les connaissances mathématiques furent décisives pour le lancement du premier vol orbital de l’astronaute John Glenn. Cette œuvre politique et populaire déplace les enjeux et met en exergue le combat de ces femmes pour l’égalité et contre la discrimination raciale.

Les Figures de l’ombre : comment des femmes noires ont envoyé l’homme dans l’espace

15. Les Aventures du baron de Münchausen (Terry Gilliam, 1989)

Toute la filmo de Terry Gilliam peut s’envisager comme un hommage au cinéma primitif de Georges Méliès, bricoleur, défricheur et radicalement auteurisant (l’artiste dans son atelier qui s’échine à construire des illusions en miniature) : normal qu’il envoie son baron de Münchausen sur la Lune (tout comme son modèle littéraire) le temps d’une séquence en trompe-l’œil amusante où Robin Williams s’éclate à jouer le roi de l’astre lunaire. Oui, même dans l’imaginaire de Gilliam, les Américains sont sur la Lune.

14. The Last Man on the Moon (Mark Craig, 2014)

Vous avez entendu parler d’Eugene Cernan ? Le onzième et dernier Américain à avoir posé le pied sur la Lune, c’est lui. C’était en décembre 1972 lors de la mission Apollo 17. Cet excellent documentaire réalisé trois ans avant la mort de Cernan est un témoignage précieux sur la mystique du programme Apollo, qui tourna la tête de ses participants, comme investis d’un devoir divin. Avec courage et humilité, Cernan avoue avoir sacrifié sa famille et mené une vie égoïste, tendue vers un seul but: fouler le sol lunaire. Il y parvint, mais à quel prix.

13. Salyut 7 (Klim Shipenko, 2017)

La rivalité américano-soviétique ne s’est pas jouée que dans l’espace. Elle a aussi eu lieu à l’écran. Dernier témoin de cette guerre des étoiles, Salyut 7. Conçu comme la réponse à Gravity, le film qui raconte la réelle expédition envoyée pour sauver Salyut 7 fait surtout écho à Apollo 13. Même démesure techno, même valorisation du courage, même reconstitution à plein gaz. Un peu 2001 vulgarisé, un peu L’Étoffe des héros délavé, c’est un bon exemple du savoir-faire russe – bien calibré et équivalent à ce que produisent de mieux les Américains.

12. Apollo 11 (Todd Douglas Miller, 2019)

Alors qu’on pensait ne rien avoir à apprendre de plus sur l’expédition spatiale la plus célèbre de tous les temps, Todd Douglas Miller nous fait envisager d’un œil neuf les premiers pas de l’homme sur la Lune. Et ce, uniquement avec des images d’archives, en grande partie inédites et restaurées avec éclat. De l’acheminement de la fusée au coup de fil de Nixon aux astronautes, des tensions des ingénieurs de Houston aux « délires » des hommes en orbite, Apollo 11 regorge de pépites. Une palpitante plongée en immersion.

11. La Femme sur la Lune (Fritz Lang, 1929)

Vingt-sept ans après Méliès, Fritz Lang embarque à son tour pour la Lune mais laisse de côté la fantaisie. Son film emprunte autant aux serials (type les Mabuse) qu’à une certaine vérité scientifique – le concept de fusée est de plus en plus crédible, notamment en Allemagne. La mise à feu de la fusée du film n’est, visuellement, pas si éloignée du déluge pyrotechnique observé cinquante ans plus tard à Cap Canaveral... Désert de sable ponctué de pics rocheux, la Lune bénéficie elle aussi d’un traitement « réaliste » qui témoigne de la modernité du film.

10. Space Cowboys (Clint Eastwood, 2000)

En 1958, Frank Corvin, William Hawkins, Jerry O’Neill et Tank Sullivan étaient programmés pour apporter leur pierre à l’édifice de la conquête spatiale américaine. Jusqu’à ce que la Nasa leur préfère... un chimpanzé ! Alors, quand devenus retraités, on les recontacte pour sauver la Terre menacée par la chute d’un satellite, ils acceptent la mission... mais à leurs conditions! Avec ce petit bijou d’autodérision, Eastwood réussit l’équilibre parfait entre pur divertissement et réflexion bien sentie sur ces idéaux que le temps n’altère pas.

 

09. Opération Lune (William Karel, 2002)

C’est la légende urbaine du siècle, chère aux complotistes de tous poils : les Américains n’auraient jamais posé le pied sur la Lune. À la demande d’Arte, le documentariste William Karel s’est amusé à le prouver dans Opération Lune en détournant les archives et les rushes de ses propres enquêtes. Et il nous révèle que le responsable de la mise en scène de l’alunissage n’est autre que Stanley Kubrick. Une bonne blague que certains ont d’ailleurs prise au sérieux. Ce faux docu est un incroyable exercice de style à visionner de toute urgence dans notre monde des fake news devenues reines.

08. For All Mankind (Al Reinert, 1989)

Le discours de JFK, les doutes et espoirs d’Armstrong, des comptes à rebours, de l’héroïsme partout... Ce montage d’images d’archives créé par Al Reinert (futur coscénariste de l’Apollo 13 de Ron Howard) pour célébrer les 20 ans d’Apollo 11 est un véritable best of de la conquête lunaire par les Américains au son de la musique planante de Brian Eno. Un classique : la preuve, aux USA, le film fait partie de la prestigieuse collection DVD Criterion, la Pléiade du cinéma.

07. Moon (Duncan Jones, 2009)

Duncan Jones naissait au cinéma avec ce huis clos dans lequel Sam Rockwell, isolé sur une station lunaire, fait face à son double – et à tout un tas de problèmes existentiels. Une théorie explique d’ailleurs que c’est le film favori des fans de l’acteur : normal, il y a ici deux Sam Rockwell pour le prix d’un... Étrange, planant, trippant, tellement « autre » qu’il est sorti chez nous directement en DVD, Moon est une space oddity (une bizarrerie de l’espace), comme on dit dans la langue du papa de Duncan Jones, David Bowie.

Moon, de Duncan Jones, est une oeuvre troublante, ciselée et intelligente [critique]

06. Wallace & Gromit : une grande excursion (Nick Park, 1989)

Que faire quand on est anglais et en dèche de fromage à mettre sur ses crackers à l’heure du thé? On sort la fusée du garage et on part sur la Lune, faite de fromage comme chacun sait. Le tout premier film avec Wallace et Gromit est un galop d’essai (c’est le génial Creature Comforts qui aura l’Oscar du meilleur court métrage l’année suivante), mais il y a déjà ce ton délicieux et ces bricolages farfelus (ah, cette cuisinière qui fait du ski) qui font tout le charme des pâtes à modeler venues de Bristol.

05. Apollo 13 (Ron Howard, 1995)

« Houston, we have a problem. » La phrase prononcée par Tom Hanks est instantanément entrée dans les annales des répliques cultes. Elle est assez fidèle, comme le film d’ailleurs, au récit de l’expédition Apollo 13, une mission lunaire qui faillit tourner à la catastrophe quand, à mi-parcours, à plus de 300 000 kilomètres de la Terre, le réservoir à oxygène explose. Ron Howard retrouve son interprète de Splash, et gagne ses galons de réalisateur avec ce classique absolu du genre qui remporta un succès à la fois critique et commercial.

04. Le Voyage dans la Lune (Georges Méliès, 1902)

L’alunissage de la fusée dans l’œil ensanglanté de la Lune (il faut regarder la version colorisée) est l’une des images les plus iconiques du cinéma, sans doute à l’origine de bien des vocations. Le magicien Méliès recourt à tous les artifices possibles : décors coulissants, trucages en direct, surimpressions, animation... On n’a jamais vu, et on ne verra jamais plus, une Lune aussi luxuriante et peuplée de Sélènes hostiles. En 1902, notre satellite n’était pas qu’un désert rocailleux et faisait encore rêver les émules de Jules Verne.

03. Moonwalk One (Theo Kamecke, 1970)

Invisible jusqu’en 2014, ce « documentaire de création » (qui puise largement dans les archives de la Nasa) est une vision toute personnelle de la conquête spatiale. Collage de sons et d’images, c’est une expérience sensorielle et immersive sous l’influence évidente de 2001, qui interroge notre rapport au temps et à l’infiniment grand – et petit. Rythmé par la BO psychédélique de Charles Morrow, Moonwalk One contient au moins deux temps forts : le décollage de Saturn V décortiqué par 240 caméras (!) et l’alunissage filmé par Armstrong & co. Imparable.

02. First Man – Le premier homme sur la lune (Damien Chazelle, 2018)

Le « petit pas pour l’homme » pris au pied de la lettre. Chazelle démythifie la conquête de l’espace pour la transformer en drame humain, mélo chuchoté, odyssée intime anti-spectaculaire. Où le récit de la mission Apollo devient celui du voyage quasi suicidaire d’un Neil Armstrong endeuillé. Pas de bannière étoilée qui flotte sur la surface lunaire, pas de célébration cocardière, non, juste un poème bouleversant sur notre place (minuscule) dans le cosmos, et la tristesse (immense) dans les yeux de Ryan Gosling.

First Man : démêlons le vrai du faux dans le biopic de Neil Armstrong

01. L’Étoffe des héros (Philip Kaufman, 1984)

Et le plus beau film sur la conquête de l’espace ne montre donc jamais l’homme poser le pied sur la Lune... L’Étoffe des héros, comme le best-seller de Tom Wolfe dont il est adapté, s’arrête avant, au début des sixties, au moment des premiers vols habités et de la fin du programme Mercury. Avec ce chef-d’œuvre, sorti en pleine ère Reagan, mais digne des plus grands monuments du Nouvel Hollywood, Philip Kaufman dédiait un poème à l’esprit de conquête qui habite l’âme américaine, et traçait des parallèles bouleversants entre les pionniers de l’Ouest et ceux du cosmos. Logique alors que le héros du film soit un cowboy : Chuck Yeager (Sam Shepard), premier pilote à avoir franchi le mur du son, « the fastest man in America », un homme qu’on empêche de décrocher la Lune mais qui continue quand même à défier le sort, seul dans le désert, refusant d’admettre que le ciel puisse être la limite. Les mômes des années 80 ont beaucoup rêvé grâce à lui. Et aujourd’hui encore, il suffit de le regarder plisser les yeux en fixant la ligne d’horizon pour se remettre à espérer : là-bas au loin, c’est sûr, il y aura toujours une nouvelle frontière.

L’Etoffe des héros, c’est du grand art moderne [critique]