Toutes les critiques de Loving Highsmith

Les critiques de Première

  1. Première
    par Thierry Chèze

    Eva Vitija dresse avec ce documentaire le portrait de l'américaine Patricia Highsmith, disparue le 4 février 1995 à 74 ans, et autrice de nombreux ouvrages adaptés sur grand écran, de L'Inconnu du Nord- Express (par Alfred Hitchcock) à sa série Tom Ripley (Plein soleil de René Clément, L'Ami américain de Wim Wenders, Le Talentueux  Mr Ripley d'Anthony Minghella...) en passant par Eaux profondes (porté à l'écran par Michel Deville puis voilà peu par Adrian Lyne), Le Cri du hibou (réalisé par Claude Chabrol) et bien entendu Carol, livre qu'elle a d'abord écrit sous le pseudo de Claire Morgan (car parler d'une histoire d'amour entre deux femmes qui ne se terminait pas par une tragédie était plus que mal vu en 1952) avant de l'assumer totalement. Et Loving Highsmith entreprend de raconter l'autrice précisément à travers le lien entre sa vie privée et son oeuvre, mêlant lectures en voix- off de ses journaux intimes, interviews d'époque, témoignages de celles qui l'ont connue - amantes, amis ou membres de la famille - et extraits de films tirés de ses oeuvres. Et ce patchwork se révèle aussi réussi formellement que par l'éclairage - intime mais jamais voyeuriste - qu'il apporte sur cette femme qui, dès son plus jeune âge, a dû cacher son homosexualité pour ne pas déplaire à sa mère qui lui reprochait ses tenues trop masculines et avec qui elle entretenait un rapport pour le moins complexe.