Industry sur HBO
HBO

La nouvelle série financière de HBO, lancée aujourd'hui en France sur OCS, est très technique, parfois caricaturale, mais aussi follement électrique.

Pas simple de s'attaquer à un sujet aussi opaque que celui de la haute finance. La plupart du temps, la fiction préfère romancer le monde cruel du "trading floor", comme dans Le loup de Wall Street ou plus récemment dans le drama Billions ou la comédie 80's Black Monday. Mais Industry aborde les marchés via un aspect beaucoup plus direct, froidement réaliste même. Il faut dire que les deux créateurs, Mickey Down et Konrad Kay, ont pu s'inspirer de leur propre expérience pour écrire la nouvelle série HBO (lancée aujourd'hui en France sur OCS). Dans une autre vie, ils brassaient des livres à la pelle, dans une banque d’investissement de Londres. Alors c'est une vision intérieure extrêmement documentée, qu'ils peignent dans Industry.

L'histoire nous présente de jeunes diplômés qui intègrent Pierpoint & Co, une prestigieuse institution de la City. Harper, Yasmin, Gus et les autres ont quelques mois pour faire leurs preuves et s'imposer dans un monde de requins, où les marchés font la loi et les négociations sont souvent brutales. Il n'y aura pas de place pour tout le monde...


Aux commandes du premier épisode, Lena Dunham (Girls) insuffle à ce drama HBO en costumes et tailleurs une esthétique léchée, à la fois glamour et grisâtre. Industry réussit à capter visuellement l'énergie frénétique de la City londonienne, cet univers de traders excités et boostés par l'adrénaline des gros billets. Une atmosphère follement électrique, qui permet heureusement de faire abstraction du jargon alambiqué qui anime l'histoire. Parce que Mickey Down et Konrad Kay ont voulu restituer au plus près leur expérience financière. Ils n'ont pas hésité à injecter une multitude de dialogues techniques d'initiés, qui laisseront de marbre tous ceux qui ne connaissent rien aux ficelles de la bourse. On est donc obligé de suivre entre les lignes, en essayant de percevoir au bout du charabia si la jeune tradeuse a réussi à boucler le deal ou pas.

Perdus au milieu de nos conjectures, il faut ensuite digérer la ribambelle de clichés écumés sur le monde des agents de change, avec ces lignes interminables de coke sniffées dans les toilettes pour tenir le coup et réussir à tout prix. Sans aucun humour ni la moindre distance, Industry nous plonge froidement dans le grand bain du capitalisme pur et dur, mais ne veut surtout pas prendre parti, dans un sens ou dans un autre.

Reste un très solide casting, emmené par la révélation Myha'la Herrold. Une petite bande d'outsiders sexy et attachante, qu'on a véritablement envie de voir performer dans cette Industry. Même si cela ne nous rapporte pas grand chose au bout du compte.