Sifu
Slocap

Obsédé par le cinéma hongkongais et les gestes grâcieux, Sifu nous met dans la peau d’un jeune combattant qui enchaîne les dérouillées. Hyper dur, hyper bon.

Après une soixantaine de minutes à taquiner Sifu manette en main, un constat s’impose : on est nuls. Mais alors vraiment mauvais, du genre à vouloir démolir la console après le game over de trop. Douche froide au premier contact, alors que depuis des mois le jeu du petit studio français Slocap nous chauffait avec ses airs de simulateur ultime de film de kung-fu, et la promesse de se prendre sans effort pour Donnie Yen. Pas de tromperie sur la marchandise cependant, on n’avait juste pas anticipé un truc fondamental de la philosophie du jeu : pour y parvenir, il allait falloir perdre, encore et encore. Car le contrat moral pour s’amuser dans Sifu est d’accepter de passer les premières heures à se faire humilier par des hordes d’ennemis, et d’épuiser sa barre de vie face à un quidam sans envergure. 

De l’apprentissage à la sueur du front, punitif et jouissif, avec un gameplay basé sur le triptyque esquiver, frapper, achever. Et recommencer, aussi. La mort fait partie du voyage, le héros étant équipé d’un pendentif magique qui permet de tromper la Faucheuse. Sauf qu’en contrepartie, ce même héros prendra plusieurs années dans les gencives après chaque défaite, perdant en santé ce qu’il gagnera en technique et en puissance. Passé 70 ans en revanche, direction la morgue et le game over (il est cependant possible de conserver certaines techniques acquises, au prix de BEAUCOUP de points d’expérience. Le petit côté RPG du jeu).

Il faudra donc se refaire un paquet de fois les niveaux - et des boss vachement balèzes - pour gagner en maîtrise, trouver les raccourcis et rester jeune le plus longtemps possible. Les références s’enchaînent (The Raid, Old Boy, Drunker Master ou même John Wick) et ce qui avait commencé dans la douleur devient l’autoroute du kiff, les coups de pieds rotatifs s’enchaînent et le virtuose qui sommeille en nous ne tolèrera plus aucune approximation. Là-dessus, le cinéma ne peut pas rivaliser : même le meilleur des films d’action ne remplacera pas la courbe d’apprentissage et le frisson taoïste d’avoir donné pile la bonne mandale, au bon moment.

Sifu, éditeur Sloclap/microids. Disponible le 8 février sur PS4, PS5 et PC.

A lire aussi sur Première

Star Wars Battlefront : l’immersion avant tout

Les fans de Star Wars n’auront peut-être jamais autant eu autant l’impression de se trouver sur les champs de bataille de cette galaxie lointaine, très lointaine.

Lego Star Wars : La saga Skywalker nous fait revisiter l’intégralité des films Star Wars

Accessible aux fans comme aux néophytes, Lego Star Wars : La saga Skywalker épate avec son contenu maous (les trois trilogies Star Wars en un seul jeu !), un humour toujours bienvenu et sa capacité à réunir toutes les générations.