Braqueurs Netflix
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Julien Leclercq reprend son film de 2016 pour le décliner en une série d'une efficacité redoutable. Du genre qui cogne avant de causer.

C'est un genre que Julien Leclercq maîtrise à la perfection. Depuis L'Assaut, formidable reconstitution de l'opération montée par le GIGN pour reprendre l'Airbus A-300 d'Air France en 1994, le réalisateur français a posé sa patte comme spécialiste du film d'action qui claque comme un coup de trique. Avec Braqueurs, en 2016, il avait marqué les esprits, imposant son style brut de décoffrage. Et après La Terre et le Sang (déjà sur Netflix), Leclercq signe aujourd'hui avec Hamid Hlioua une première série qui lui ressemble (6 épisodes à voir à partir du 24 septembre). Pour la plateforme de streaming, le cinéaste a concocté une nouvelle version de ses Braqueurs, avec le même Sami Bouajila en tête d'affiche, et cette même rage au ventre qui nourrit une réalisation nerveuse à l'extrême.



Cette fois, Yanis (héros du long métrage) devient Medhi. Figure discrète du grand banditisme en Belgique, ce gangster qui prépare ses coups avec une minutie chirurgicale sévit depuis des années avec le soutien de son équipe d'élite. Mais le jour où sa nièce se fait kidnapper par un trafiquant de drogue du coin, il s'embarque dans une guerre sans merci...

Des courses-poursuites spectaculaires, des cascades impressionnantes et surtout des séquences de "gun fight" à l'arme lourde à couper le souffle. C'est encore le cocktail pétaradant de cette variation sérielle de Braqueurs, thriller dynamité à la violence cinglante, que ne renierait pas un certain Michael Mann. Dans la veine de l'excellent Balle perdue (en 2020), cette nouvelle production française originale de Netflix fait dans l'efficacité pure et brute. Les balles sifflent à tous les coins de rue. Et avec sa mise en scène à la John Wick, Julien Leclercq nous plonge au coeur de l'action. Une réalisation qui privilégie l’ultraréalisme et suit pas à pas son héros avec une fébrilité frémissante.

Un western moderne réjouissant dans lequel Sami Bouajila s'éclate en cowboy bad boy. Hyper-charismatique, l'acteur césarisé en mars dernier mène ces Braqueurs avec autorité, comme il portait déjà le film à l'époque. Avec ses tempes grisonnantes et sa froideur happante, il a même désormais un côté Liam Neeson dans Taken. Sec. Conquérant. Implacable. Un anti-héros à l'image de Braqueurs.