Michael Bay - Ambulance
Universal

Le réalisateur nous explique comment il a tourné Ambulance avec la complicité des forces de l’ordre de Los Angeles.

L’auteur de Bad Boys et Transformers revient réveiller les salles avec Ambulance, un actionner pied au plancher, tourné façon guérilla dans les rues de L.A. Dans le dernier numéro de Première, il revient sur l’ambition de ce pari de cinéma survitaminé et sur ses méthodes de tournage peu orthodoxes. Extrait :

Première : Par son sujet, son style, ses références, Ambulance a un côté années 90 très marqué, on a le sentiment que c’est un film que vous auriez pu faire à vos débuts…

Michael Bay : C’est vrai. C’est filmé de manière un peu agressive, avec beaucoup de caméra à l’épaule, très peu d’effets numériques, un tournage guérilla. Je voulais faire une sorte d’exercice de style sous pression. Un type prend une mauvaise décision, et le piège se referme sur lui. Le spectateur est sur le siège conducteur et la tension monte, monte, monte… T’as pas idée à quel point j’étais terrifié de voir le premier montage.

Pourquoi ?

C’est un film sur deux antihéros. Le public n’est pas censé aimer ces mecs, mais il doit quand même s’attacher un peu à eux. Et ça, tu ne peux savoir si ça fonctionne que si tu vois le film avec un public. On a fait une projection-test, devant 360 personnes. Je me fous des statistiques, des études chiffrées, ce qui m’intéresse, c’est d’observer le langage corporel des spectateurs. Déjà, je précise qu’un réalisateur, dans ces moments-là, n’a qu’une seule envie, c’est de vomir ! (Rires) T’es planqué dans un coin, incognito, et tu flippes. Tu regardes si les gens retiennent leur souffle, s’ils rient à l’unisson, s’ils se lèvent pour aller pisser… Là, il n’y en a que cinq qui sont allés aux toilettes. Cinq sur 360, c’est rien ! Ils étaient concentrés. Un mot revenait dans les commentaires à la fin : "immersif". Ça m’a plu. C’est pas Avatar, pas de la 3D, mais en Dolby Atmos, avec le son qui cogne, les pâles des hélicos au-dessus de ta tête, c’est fun. C’est censé être une vraie expérience de cinéma. Un truc pour convaincre les gens de revenir en salles.

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C’est le premier de vos films qui se déroule à Los Angeles. Votre camp de base, d’habitude, c’est plutôt Miami…

Miami, c’est ma maison, mais n’oublie pas que j’ai grandi à L.A. ! J’ai commencé à y tourner dès mes 23 ans. Dans mes pubs, mes clips, je l’ai filmé sous toutes les coutures. Au moment de passer au long, j’en avais fait le tour, j’ai eu envie d’aller voir ailleurs. D’aller tourner dans une navette de la NASA par exemple. Ou au pied des pyramides de Gizeh. Sur la Grande Muraille de Chine ! Mais c’était sympa de revenir. Même si c’est un calvaire de tourner ici aujourd’hui. Vraiment, c’est chiant. Les permis sont si compliqués à obtenir, la paperasse tellement abrutissante… Ils ont tout fait pour dégoûter les réalisateurs. Comme je suis beau parleur, et un peu cinglé, je suis allée frapper directement à la porte de la police. « Hey, ça vous dirait d’être dans mon film ? » - « Ouais, carrément. » Il se trouve que, partout dans le monde, les policiers adorent mes films ! Je ne sais pas trop pourquoi… Donc, plutôt que de dépenser des centaines de milliers de dollars pour fermer une bretelle d’autoroute, j’ai embarqué dans un van, caméra au poing, et les highway patrol officers nous escortaient. Tous les policiers que tu vois dans Ambulance, les membres du SWAT, sont de vrais flics, pas des acteurs. Le film a vraiment ce « L.A. feeling », je crois. Comme ces classiques, Police Fédérale Los Angeles, Heat, où la ville est un personnage à part entière.

L’intégralité de cet entretien est à retrouver dans le numéro 527 de Première, actuellement en kiosques, ou sur notre boutique en ligne.