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Maïwenn : "J'avais pensé faire le film avec Jennifer Connelly"

L'actrice et réalisatrice française Maïwenn a présenté en compétition dans le cadre du 68e Festival de Cannes, Mon Roi - son quatrième long métrage (après Pardonnez-moi, Le Bal des Actrices et Polisse qui s'était vu remettre le Prix du Jury en 2011) -, offrant par la même dimanche soir, lors de la cérémonie de clôture, le Prix d'interprétation féminin (ex-aequo avec Rooney Mara), à la brillante Emmanuelle Bercot.Pour sa seconde sélection sur la Croisette, la jeune femme a une fois de plus créé l'événement et son film - une poignante histoire d'amour avec Vincent Cassel et Emmanuelle Bercot - a été l'un des climax de la compétition.A l'occasion de cette actualité brûlante, Maïwenn s'est offert la couverture du nouveau numéro de Première spécial Cannes 2015, et a accordé une longue interview au mensuel, sans langue de bois et à bâtons rompus, comme la jeune femme, naturelle et sauvage, profonde et pleine, en a l'habitude.Ainsi, elle revient sur ce nouveau film, une histoire d'emprise amoureuse qu'elle couve depuis de longues années : "En fait, Mon Roi aurait dû être mon premier film, mais à l'époque, je ne me sentais pas assez forte. Le sujet avait trop d'envergure pour le peu d'expérience que j'avais. J'avais du mal avec la partie où les deux personnages se rencontrent et tombent amoureux. C'est dur de montrer des gens heureux sans que ce soit niais. Ça, ça me faisait peur. Je crois que je n'aurais pas pu faire le film sans la rencontre avec mon coscénariste Etienne Comar (Des Hommes et des Dieux)."Concernant ses deux protagonistes, vrais, réels, entiers, ni tout noirs ni tout blancs, Maïwenn confie : "Je voulais qu'on aime les deux personnages. Dans la vie, on n'est pas un enfoiré pour tout le monde, on est toujours le gentil ou le méchant de quelqu'un. Je voulais parler du fait qu'on ne choisit pas les gens qu'on aime. Il arrive de tomber amoureux des gens qui nous rendent malheureux : on en peut pas vivre avec, on ne peut pas vivre sans."A propos de son absence au casting, la jeune réalisatrice justifie : "J'avais envie de me concentrer à 100% sur ce que je voyais. Je ne regrette pas d'avoir joué dans Polisse. Je pense que mon personnage ancrait le film dans une fiction, sinon ça aurait juste été une chronique. A l'époque, deux ou trois journalistes ont écrit : "Maïwenn est une bonne réalisatrice, il faudrait qu'elle arrête de jouer dans ses films." Je ne leur donne pas raison mais je voulais essayer de voir ce que ça fait au moins une fois. C'est génial d'arriver le matin en jogging sans me préoccuper de ma gueule."Maïwenn évoque aussi sa fascination pour son actrice, Emmanuelle Bercot, aussi réalisatrice et qui présentera pour sa part son film - La Tête Haute - en ouverture du festival : "Dès Polisse, elle s'est mise à me hanter. A un moment, j'ai pensé faire le film en anglais avec Jennifer Connelly. Je l'adore, j'ai vu tous ses films. Elle avait dit oui, mais il y avait alors dans le script beaucoup plus d'histoires de procès, de scènes où on voyait la carrière d'avocate de Tony démarrer... La loi américaine est foutue de telle façon que ça ne marchait plus si je tournais le film à New York. Il a donc fallu convaincre Emmanuelle. (...) Emmanuelle, c'est quelqu'un qui rigole très fort, son rire est très communicatif, j'adore ça. Elle pleure aussi très facilement, elle est très émotive."En se projetant dans la compétition, Maïwenn livre aussi son sentiment : "Je suis prête à prendre le risque que la réception du film se passe moins bien que Polisse. Si jamais il plaît moins, s'il n'a pas de prix, c'est pas grave. Je trouve que mon travail de mise en scène est plus mature, que j'ai progressé."Une progression que nous pourrons réaliser dès le 21 octobre, date de sortie du film dans les salles françaises.Pour lire l'interview de Maïwenn en intégralité, rendez-vous dans le magazine Première spécial Cannes, actuellement en kiosques.