Coup de tête de Jean- Jacques Annaud
Gaumont

La plongée de Jean- Jacques Annaud dans le monde du foot est à l’honneur ce soir de Place au cinéma, sur France 5, présenté par Dominique Besnehard

L’après Oscar de Jean- Jacques Annaud

Pour Jean- Jacques Annaud, Coup de tête est le film d’après… Celui d’après l’Oscar qu’il a remporté pour son premier long métrage, La Victoire en chantant, en dépit de son insuccès dans les salles français. Forcément, les portes d’Hollywood s’ouvrent alors pour lui. Et pourtant, il va décliner ces propositions des studios. Il ne se sent pas assez mûr pour changer ainsi d’échelle et préfère signer un deuxième long métrage en France. Il va alors développer une idée née avec son ami Alain Godard (qu’il a connu dans le milieu de la pub pour lequel il a signé de nombreux films au début des années, avec à la clé, une Palme d’Or du Cannes de la discipline pour son spot Crackers Belin) quand ils ont suivi la longue épopée de (l’alors) petit club de foot de l’En- Avant de Guingamp lors de l’édition 1973 de la Coupe de France. Annaud imagine une satire sociale, centrée sur un joueur de foot aussi soupe au lait que méprisé (au point d’être jeté en prison pour une tentative de viol qu’il n’a pas commis… afin de couvrir la star de l’équipe) qui va devenir un héros local grâce à ses buts décisifs  et voir ceux qui le regardaient de haut devenir ses plus vils flagorneurs. La Gaumont qui produit lui adjoint à l’écriture les services de Francis Veber (passé pour la première fois à la réalisation trois ans plus tôt avec Le Jouet). Les deux hommes vont peaufiner leur scénario au contact du terrain, passant du temps dans les vestiaires de nombreux petits clubs de province mais aussi avec leurs dirigeants et leurs supporters. Avant qu’Annaud choisisse comme club pour accueillir le tournage l’AJ Auxerre de Guy Roux, alors totalement inconnu du grand public et qui connaîtra cette même année 1979 sa première finale de Coupe de France (perdue face au FC Nantes) avant d’accéder peu après en Division 1, dont il sera champion en 1996. On appelle ça un porte- bonheur.

Depardieu vs Dewaere

Jean- Jacques Annaud n’a pas eu l’ombre d’une hésitation. Pour lui, seul Patrick Dewaere peut incarner l’anti- héros de son film, ce « piano désaccordé » comme il aime le définir. Mais cette idée n’est pas du tout du goût d’Alain Poiré, le big boss de la Gaumont. A cause des soucis avec les drogues du comédien qui rebutent les compagnies d’assurance. Mais aussi et surtout parce que Dewaere vient de refuser de tourner dans La Carapate de Gérard Oury qu’il produit et il veut le lui faire payer. Poiré explique donc à Annaud que ce sera… Gérard Depardieu ou rien. Mais Annaud va se battre, adore évidemment Depardieu mais le trouve trop flamboyant pour le rôle. Et il gagnera son combat. Annaud sera engagé. Pour le meilleur (sa prestation dans le film)… et pour le pire au moment de la sortie du film. Refusant de se rendre sur les plateaux télé, balançant sur le bal des hypocrites que constitue la promo sur le petit écran et s’en prenant même nommément au roi du genre, Michel Drucker, Dewaere va être boycotté et le film forcément en pâtir. Le comédien écrira d’ailleurs quelques années plus tard une longue lettre d’excuse à Annaud. Mais le film parviendra tout de même à réunir près de 900000 spectateurs et décrochera le César du second rôle grâce à Jean Bouise. Deux ans après, en 1981, Annaud totalisera près de 5 millions d’entrées avec La Guerre du feu

Un  titre qui a beaucoup évolué

Coup de tête s’est d’abord appelé… Le Hareng. Pour faire écho - comme le film est censé se dérouler en Bretagne - au surnom peu flatteur donné aux travailleurs du poisson. Puis pendant le tournage il deviendra Le Bourrin, adjectif accolé aux joueurs de foot dont la rugosité physique tente de faire oublier la piètre technique. Et ce n’est que quelques semaines avant la sortie que Coup de tête fut finalement choisi.

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