DR

Choix n°1 : Elysium de Neill Blomkamp avec Matt Damon, Sharlto Copley...Synopsis : En l'an 2159, l'humanité est divisée en deux classes : l'une très riche vivant sur une station spatiale immaculée appelée Elysium, et le reste du monde parqué sur une Terre surpeuplée et dévastée. Le ministre Rhodes, représentant la ligne dure du gouvernement, ne recule devant rien pour faire appliquer les lois anti-immigration et préserver le luxueux mode de vie des habitants d'Elyisum. Ce qui n'empêche pas les habitants de la Terre de tenter de rejoindre la station spatiale par tous les moyens. Quand le malchanceux Max se retrouve acculé, il accepte une mission périlleuse qui pourrait, s'il la mène à bien, non seulement sauver sa vie mais aussi rétablir l'équilibre entre ces deux mondes polarisés.L'avis de Première : Alors, Neill Blomkamp, nouveau Peter Jackson (cinéaste bricolo inventif qui s’est mué en mogul respecté) ou nouvel Andrew Niccol (réalisateur acclamé de  Bienvenue à Gattaca bouffé par le système) ? Elysium n’apporte pas de  réponse tranchée mais confirme une chose : le jeune trentenaire a de la suite dans les idées. (...) Ce n’est pas une suite ou un remake déguisé mais un pur sample, qui témoigne définitivement, à travers sa violence sèche et sa binarité trompeuse, de la proximité de DJ Blomkamp avec George « Mad Max » Miller.Bande-annonce : Choix n°2 : Michael Kohlhaas d'Arnaud Des Pallières avec Mads MikkelsenSynopsis : Au XVIème siècle, quelque part dans les Cévennes, Michael Kohlhaas, un prospère marchand de chevaux, mène une vie familiale aisée et heureuse. Victime d'une injustice, cet homme pieux et intègre lève une armée et met les villes à sac pour rétablir son droit.Adaptation de la nouvelle d’Heinrich Von Kleist.L'avis de Première : Les premiers plans de Michael Kohlhaas laissent penser qu’en adaptant une nouvelle philosophique de Kleist, Arnaud des Pallières va signer son 13e Guerrier, un western ou un chambara plein de bruit et de fureur. Des cavaliers sur la crête, une longue cavalcade filmée en contre-plongée : cadrée comme du John Ford ou du Akira Kurosawa, l’introduction du film fait planer un souffle épique qui va pourtant être vite démenti. Des Pallières change de registre au bout de quelques minutes et, dans un dénuement quasi bressonnien, organise une réflexion abstraite sur la justice et le politique. C’est précisément le problème de Michael Kohlhaas : la friction suicidaire entre, d’un côté, le grand film viscéral, la puissance brute de Mads Mikkelsen et, de l’autre, la distance janséniste, glaciale, de la parabole politique. Tout cela finit par se neutraliser et laisser le film – et le spectateur – se perdre dans un no man’s land arty fascinant, mais un peu trop théorique.Bande-annonce : Choix n°3 : Les Apaches de Thierry De Peretti avec François-Joseph Cullioli , Aziz El Addachi , Hamza Mezziani...Synopsis : Corse / Extrême Sud / L’été. Pendant que des milliers de touristes envahissent les plages, les campings et les clubs, cinq adolescents de Porto-Vecchio trainent. Un soir, l’un d’eux conduit les quatre autres dans une luxueuse villa inoccupée... La bande y passe clandestinement la nuit. Avant de partir, ils volent quelques objets sans valeur et deux fusils de collection. Quand la propriétaire de la maison débarque de Paris, elle se plaint du cambriolage à un petit caïd local de sa connaissance...L'avis de Première : Comme chaque été, le sud de la Corse est colonisé par des nuées de touristes français s’entassant brutalement sur ses plages paradisiaques tels des moustiques attirés par une ampoule. En marge de cette invasion saisonnière par les « Gaulois », quelques ados commettent un larcin qui va disloquer leur entente et révéler leurs tensions. À travers le parcours tragique de ce quintet d’« Apaches », le premier film de Thierry de Peretti saborde l’image d’Épinal de l’île de Beauté pour en scruter l’envers inquiétant, nocturne, interlope. Au-delà du sable chaud, il y a des zones commerciales glauques, la mafia locale, la violence sociale, le racisme entre les communautés marocaine et corse. Le chant des cigales se noie dans le bourdonnement des mouches, la mort rôde. Mais nulle complaisance voyeuriste chez le réalisateur, qui met en lumière la face sombre de son territoire natal dans un élan sensoriel et lumineux. Captés au plus près des corps et des visages dans un format d’image carré, ses adolescents ressemblent à ceux de Larry Clark. Ils brûlent l’existence par les deux bouts avec ce qu’ils ont sous la main : sexe, alcool et snuff movies sur leurs smartphones. Penser à l’avenir en termes d’objectifs, de CDI, de caps à passer ? « Plutôt être mort », répond l’un d’entre eux en tirant sur sa clope. Magnétisé par d’attachants acteurs amateurs pleins de vitalité, au bagout musical et au physique très contemporain, ce teen movie corse atteint de beaux degrés d’incandescence.Bande-annonce : Les autres sorties ciné de la semaine sont ici