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Sur quel genre de film travaille Abdellatif Kechiche ? En septembre, le cinéaste évoquait dans un entretien à Télérama un projet de biopic de l'actrice porno Marilyn Chambers, star du X des années 1970, pour lequel il avait soumis quatre ou cinq scénarios à Wild Bunch. Il semblait être passé à (tout) autre chose puisque le mois dernier, il annonçait sur Rue89 son désir de revisiter l'histoire d'Abélard et Héloïse, amants maudits du XIe siècle qui entretinrent une relation épistolaire après avoir été séparés de force. "J'ai hâte de me remettre au travail, d'autant que je suis très excité à l'idée de réaliser ce film" confiait-il. Ce ne sont pourtant pas les recherches sur ces amours moyenâgeuses qui ont conduit le cinéaste au salon AVN de Las Vegas, grand rendez-vous de la planète porno où il a été filmé incidemment.Un reportage sur le site (très explicite) hotvideo (malheureusement pas exportable mais visible ici) suit deux actrices X, Carla Cat et Nikita Bellucci, dans les allées du salon, où elles testent quelques machines et autres joujoux, rencontrent des gens du métier - James Deen notamment, bientôt à l'affiche de The Canyons -, et d'autres visiteurs, parmi lesquels Kechiche. Le réalisateur de La Vie d'Adèle, badge autour du cou, se fait prendre de bon coeur en photo avec les deux jeunes femmes, qui lui annoncent qu'elles viennent de voir son dernier film dans l'avion. Le cinéaste en profite d'ailleurs pour se plaindre que la version diffusée par les compagnies aériennes a été censurée de ses scènes de sexe.Impossible de dire si le cinéaste français mal-aimé était à cette convention porn pour le plaisir ou pour affaires. Son souci naturaliste le pousse loin dans ses recherches, mais on doute que le plus grand salon professionnel de l'industrie porno fasse beaucoup avancer son projet sur Abélard et Héloïse - à moins qu'il revisite l'histoire uniquement pour les plus de 18 ans.Sur Rue89, qui l'interrogeait à propos de son soutien au maire UMP de Nice Christian Estrosi, Kechiche se plaignait de ne plus pouvoir ouvrir la bouche sans que cela devienne "une affaire nationale". "J’ai été gagné par, comment dit-on... la pipolade, la pipolisation... C’est triste et j’ai hâte de me remettre au travail". Sauf que visiblement, son travail n'échappera plus, non plus, à la pipolade