DR

Un petit film de gangsters parfois jouissif de Paul Schrader.

Ça commence par une scène hallucinante couleur rose bonbon, où Dafoe prend de la coke et de l’héroïne tout en répondant au téléphone aux questions d’un démarcheur. Après une colère aussi soudaine que brutale, le combiné finira en sale état. Les habitantes de la maison également.

Présenté à la Quinzaine des réalisateurs, Dog Eat Dog du vénérable Paul Schrader adapte le roman des Hommes de proie d’Edward Bunker, le transformant en série B sympatoche où Nicolas Cage et Willem Dafoe cabotinent avec une jubilation communicative. Après quelques allers-retours en taule, trois gangsters qui n’ont plus droit à la moindre erreur tentent un dernier gros coup en kidnappant le bébé d’un mauvais payeur pour le compte de la mafia. Et quoi qu’il arrive, ils se jurent de ne jamais retourner en prison.

Les retrouvailles de Cage et Dafoe

Un thriller souvent violent et avouons-le un poil inégal, qui carbure pourtant aux dialogues hilarants. On pense régulièrement à Quentin Tarantino, Guy Ritchie ou les frères Coen, un mélange en forme de boulevard pour Cage et Dafoe. Les deux larrons - qui n’avaient pas joué ensemble depuis 26 ans dans Sailor et Lula de Lynch - s’en donnent à coeur joie mais évitent le trop-plein d’hystérie grâce à Christopher Matthew Cook, impeccable en gangster colérique qui tente de se racheter une conduite. 

Dommage que la tension baisse trop souvent en intensité et que le joli travail sur la couleur du début du film ne revienne que par intermittence. On se consolera avec une conclusion littéralement embrumée, qui dresse un joli parallèle avec la séquence d’ouverture. 

Dog Eat Dog n’a pas encore de date de sortie en France.

A lire aussi sur Première