Nommée juge d'instruction en Plaine orientale, la jeune actrice prend la tête de la lutte anti-mafia dans cette nouvelle création originale. Elle nous raconte ce projet ambitieux, son personnage complexe et l’expérience unique d'un tournage en Corse.
Après avoir tout cassé dans Furies, sur Netflix, Lina El Arabi continue de tracer son chemin sur le petit écran. Elle est la star de la création originale Canal +, Plaine Orientale, qui continue ce lundi. Un nouveau thriller mafieux de Pierre Leccia (Mafiosa), aux airs de fresque corse haletante. La comédienne de 29 ans nous raconte son expérience. Rencontre.
PREMIÈRE : Plaine Orientale, le titre, c’est donc tiré du nom d’une région en Corse...
LINA EL ARABI : C’est exactement ça. C’est la région où l’on a tourné, autour de Bastia, à l’est de l’île. J’avoue que je ne connaissais pas ce terme avant...
Vous incarnez Inès, juge d’instruction. Qui est-elle exactement ?
D'abord, je ne la décrirais pas par son métier. C’est avant tout une sœur qui n’a pas vu son frère depuis une douzaine d’années au début de la série. Elle débarque en Corse de manière presque présomptueuse pour tenter de renouer avec lui et recoller les morceaux de sa famille... Et en même temps, elle est très ambitieuse. Elle n’est pas uniquement pétrie de bonnes intentions. Elle vient aussi utiliser son frère pour grimper les échelons, se faire bien voir de sa hiérarchie. Parce qu’elle est très intelligente. C’est plus intéressant de jouer un personnage qui n’est pas une sainte, qui a des zones d’ombre, des contradictions.
Qu’est-ce qui vous a attirée dans ce rôle ?
Déjà, c’est une série Canal+ ! Sans fayotage, depuis que je suis petite, je regarde les créations originales Canal+ avec des étoiles dans les yeux. Donc pour une actrice, faire une série Canal+, c’est un événement ! On sait qu’on s’engage dans quelque chose de qualité, au minimum. D’autant que j’avais vu Mafiosa et j’avais adoré le travail de Pierre Leccia. Il sait de quoi il parle. J’avais totalement confiance. Et puis cerise sur le gâteau : ça me permettait d’aller tourner en Corse (rires).
Vous diriez que c’est une série sur la mafia corse ?
Oui et non. C’est plus que ça. C’est aussi une série sur le pardon. Est-ce qu’on doit tout pardonner à ses parents ? Est-ce que l’amour permet le pardon ? Il est question de mafia, bien sûr, mais c’est aussi une série qui interroge l’intégration des Arabes en Corse. À partir de quelle génération on appartient vraiment à un pays ? À partir de quand devient-on vraiment corse ? La mafia est presque un prétexte pour aborder ces questions.
En même temps, c’est un polar très réaliste, dans la veine de Gomorra, non ?
Je suis très heureuse que vous citiez cette série parce qu’on n’arrêtait pas d’en parler sur le tournage ! C’est l’une de mes séries préférées. Ceci étant dit, Plaine Orientale est sans doute un peu moins sombre que Gomorra, aussi bien esthétiquement que narrativement. Et j’espère qu’on ne va pas faire flipper les gens d’aller en Corse (rires) ! Parce que moi, depuis Gomorra, j’avoue que je n’ai pas très envie de visiter Naples...
Plaine Orientale est assez éloignée de Mafiosa, finalement ?
Comme ça se passe en Corse et que Pierre (Leccia) a écrit les deux, on fait inévitablement le rapprochement. Mais pour moi, ça n’a rien à voir. Déjà parce que le rapport entre Corses et Arabes est central dans Plaine Orientale. Le personnage principal est "trop corse pour les Arabes, trop arabe pour les Corses". C’est le point de départ. Et puis on est davantage dans le thriller.
La Corse reste quand même un personnage à part entière. Que gardez-vous de ce tournage sur l’île de Beauté ?
C’était la première fois que j’allais en Corse. J’ai trouvé ça magnifique, et le peuple local incroyable. On a parfois des a priori sur une région, mais j’y suis allée sans trop y penser. Et j’ai découvert des gens d’une gentillesse folle. Ça m’a beaucoup rappelé les peuples du Maghreb. Ils demandent du respect, un minimum de politesse, et une fois que vous êtes entrés dans leur cœur, ils vous donnent tout. J’ai passé quatre mois à tourner sur place. C’était en plein été, il faisait très chaud, et il y avait beaucoup de monde avec les touristes. Je quittais Paris… pour retrouver des embouteillages le matin en allant bosser (rires) ! Mais j’ai très envie d’y retourner. Je n’ai vu que Bastia, je veux découvrir le reste maintenant.
Vous avez eu peur que Plaine Orientale puisse tomber dans la caricature du Corse mafieux ?
Non, parce que le réalisateur et créateur est corse. Parce que le casting est presque entièrement composé de Corses. Parce que le premier rôle, Raphaël Acloque, est aussi originaire de Corse. Il parle aussi bien le corse que l’arabe, c’est impressionnant. Et puis Pierre Leccia aime son pays plus que tout, il n’a aucune envie de le trahir.
Et pour vous, la suite de Furies, sur Netflix, c'est pour quand ?
Là, je suis en plein tournage de la saison 2. On tourne jusqu’à fin juillet. Marina Foïs revient, ainsi que Steve Tientcheu et Quentin Faure. Et surprise : je retrouve Raphaël Acloque qui sera aussi dans cette saison 2 ! Promis, je n’y suis vraiment pour rien. Il a passé un casting... c’est juste une coïncidence.
Plaine Orientale, saison 1 en 8 épisodes, à voir sur Canal Plus à partir du 26 mai 2025







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