Le premier film choral des deux frères, à la mise en scène toujours aussi maîtrisée. Un grand millésime où ils osent comme rarement laisser toute sa place à l’émotion.
Elles s’appellent Lucie Laruelle, Babette Verbeek, Janaina Halloy Fokan, Elsa Houben et Saimi Hilmi. Comme Emilie Dequenne avec Rosetta, voilà 26 ans, elles monteront les marches de Cannes un vendredi, veille de palmarès, pour leur premier grand rôle au cinéma, sous la direction des Dardenne. Nul ne peut prédire la suite mais une chose est d’ores et déjà certaine : elles ont marqué le cinéma des deux frères qui, en signant leur premier film choral, fendent l’armure comme jamais ou presque, épousant au plus près - grâce à leur maîtrise absolue du plan séquence - les émotions fortes et contradictoires qui traversent leurs héroïnes.
Celles- ci sont des ados hébergées dans une maison maternelle, lieu d’accueil en Belgique pour jeunes femmes en détresse sociale, enceintes ou mamans d’enfants en bas âge. L’une espère que son copain, sorti de prison, assume son rôle de père. Une autre tente de renouer avec sa mère (India Hair, magistrale) qui l’a abandonnée bébé. Une troisième doit décider si elle place son enfant une famille d’accueil. Une quatrième essaie de se libérer de ses addictions…
Mais cet inventaire à la Prévert ne rend pas grâce au film, tout sauf une compilation de sujets sociétaux. Jeunes mères séduit à l’inverse par la manière dont les récits s’entremêlent tout en laissant peu à peu remonter à la surface les secrets enfouis de personnages en quête de lumière et d’espoir en dépit de tous les vents contraires. Et nombre de plans en apparence tout simples – une fille qui prend sa mère pour la première fois dans ses bras, geste dont elle a rêvé depuis toujours – vous hantent longtemps après le générique final.
De Jean- Pierre et Luc Dardenne. Avec Babette Verbeek, Elsa Houben, Jaïnana Halloy Fokan... Durée 1h45. Sortie le 23 mai 2025







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