Madame Bovary de Claude Chabrol
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Gustave Flaubert et Claude Chabrol sont à l’honneur ce soir de « Place au cinéma » sur France 5, présenté par Dominique Besnehard

La 11ème adaptation de l’œuvre de Flaubert

Emma Bovary, fille de paysan, épouse un officier de santé. Idéaliste et romanesque, elle perd rapidement ses illusions de bonheur face à la grossièreté des petits bourgeois normands et devient la maîtresse d'un gentilhomme du voisinage qui l'abandonne, puis d'un clerc de notaire… Imaginé par Gustave Flaubert en 1857, ce classique de la littérature française a très tôt séduit le grand écran, en Europe comme outre- Atlantique. L’Américain Albert Ray fut le premier à le porter à l’écran avec Unholy love. Puis au fil des années, on a pu voir Jean Renoir (avec Valentine Tessier dans le rôle- titre, en 1933), Vincente Minelli (avec, en vedette, Jennifer Jones, en 1949) ou encore Alexandre Sokourov (Sauve et protège en 1989) s’y employer. Tout comme David Lean s’en inspira très librement pour La Fille de Ryan en 1970. En 1991, alors qu’il sort de deux gros échecs publics et critiques Jours tranquilles à Clichy et Docteur M, Claude Chabrol s’attaquait à son tour à ce monument et retrouva le chemin du succès avec plus d’1,2 million d’entrées.

Chabrol entre trahison et respect absolu

Fin chroniqueur de la bourgeoisie française, Claude Chabrol était évidemment à l’aise comme un poisson dans l’eau avec Madame Bovary. Il avait d’ailleurs déclaré à l’époque vouloir aller le plus loin possible dans la fidélité au roman et faire entendre au plus près le style de cette œuvre patrimoniale. A une exception près : le tout début de l’intrigue centrée sur Charles Bovary que le cinéaste a choisi de couper purement et simplement pour que le spectateur rencontre au plus vite Emma

Claude Chabrol- Isabelle Huppert, troisième

Claude Chabrol est un cinéaste essentiel dans la carrière d’Isabelle Huppert. Si elle a débuté au cinéma en 1971, elle acquiert en effet le statut de star quand il la dirige dans Violette Nozière qui lui vaut son premier prix d’interprétation à Cannes en 1978. Puis quand l’actrice connaît la seule (courte) traversée de sa carrière en France entre 1985 et 1988, c’est encore Chabrol qui la relance avec Une affaire de femmes. Dès lors, le tandem fera régulièrement équipe. Avec Madame Bovary donc puis La Cérémonie, Rien ne va plus, Merci pour le chocolat et L’Ivresse du pouvoir, leur ultime rendez- vous en 2006