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Il avait aussi travaillé avec Don Siegel ou Elia Kazan. Seymour Cassel s’est éteint le 7 avril, à 84 ans.

Ce n’était pas forcément le plus connu de la bande à Cassavetes dont il ne reste plus aujourd’hui que l’essentielle Gena Rowlands. Seymour Cassel n’avait pas le charme vénéneux de John C. ni celui viril de Ben Gazzara ; il n’était pas aussi espiègle que Peter Falk. Mais il avait une gueule. Une gueule de bon vivant ou de second couteau que Cassavetes savait employer comme personne, depuis leurs débuts mutuels en 1958 dans Shadows -comme réalisateur pour John, comme acteur non crédité pour Seymour, également producteur associé. Ils feront sept films ensemble dont le formidable Minnie et Moskowitz dans lequel Seymour Cassel tient enfin le premier rôle face à Gena Rowlands.

Avec sa corpulence et son nez de boxeur, Seymour Cassel finit par attirer les bad boys d’Hollywood. Don Siegel et Dennis Hopper lui offrent des rôles -mineurs- dans certains de leurs classiques (À bout portant, Colors) tandis que Sam Peckinpah l’embauche pour Le Convoi. Très inégale, sa filmographie compte par ailleurs beaucoup de navets et même une apparition chez René Féret (il joue son propre rôle dans Les frères Gravet) !

Au tournant du siècle, Seymour Cassel se mue en mascotte du néo cinéma indépendant. Il devient notamment le complice de Steve Buscemi, qui le filmera deux fois (Animal Factory, Lonesome Jim) et, surtout, de Wes Anderson qui en fait sa mascotte. Papa coiffeur dans Rushmore, faux docteur dans La famille Tenenbaum, plongeur en chef dans La vie aquatique (qui finit dévoré par un requin-jaguar !)... Seymour Cassel connaît une dernière partie de carrière honorifique avant d’être rattrapé par la maladie d’Alzheimer. Qu’on se rassure : il ne sombrera pas dans l’oubli.

 

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