Syndey Sweeney est La Femme de Ménage
Metropolitan Films

L’adaptation ciné du roman- phénomène navigue entre érotisme soft, efficacité algorithmique et hitchockisme dégénéré.

La Femme de ménage, le best-seller de Freida McFadden, semblait taillé pour le cinéma. Pas seulement à cause de son succès massif, mais aussi pour son intrigue s’inscrivant dans une généalogie qui va de Rebecca à Gone Girl, en passant par Hantise, La Main sur le berceau, Misery… Lignée qui aurait pu pousser le réalisateur Paul Feig vers une forme de maniérisme post-hitchcockien, à la façon du Joe Wright de La Femme à la fenêtre. Mais non : l’esthétique est celle d’un catalogue de déco, la narration ne s’autorise aucune zone d’ombres, comme si le film avait d’abord été pensé pour sa consommation sur une plateforme, par des spectateurs qui auraient la tête ailleurs.

Le premier acte racole gentiment, avec ses bouffées porno-soft à la Cinquante nuances de Grey, sa caméra s’attardant sur les seins de Sydney Sweeney ou le postérieur de Brandon Sklenar. Tout ici est tellement énoncé, surligné, que quand Amanda Seyfried s’empare de la voix off à mi-parcours, on a moins l’impression d’être devant un twist à la Gone Girl que d’écouter l’audiobook La Femme de ménage – les images paraissent presque superflues.

C’est la troisième partie qui sauve les meubles, quand le tout vire au thriller horrifique crapoteux et assume sa nature de sous-produit. Le climax ayant lieu pendant qu’une télé diffuse à l’arrière-plan un chef-d’œuvre du cinéma (Barry Lyndon), on ne peut pas s’empêcher de penser que Feig a tourné ça un grand sourire ironique aux lèvres. C’est trop long, putassier, l’histoire est invraisemblable… Mais on mentirait en disant qu’on n’a pas passé un bon moment.  

De Paul Feig. Avec Sydney Sweeney, Amanda Seyfried, Brandon Sklenar... Durée 2h11. Sortie le 24 décembre 2025