Bande-annonce de Florence Foster Jenkins, le "Marguerite" de Stephen Frears
Pathé/Memento

Meryl Streep chante aussi faux que Catherine Frot, la preuve en vidéo.

En janvier 2015, on apprenait que Meryl Streep allait interpréter Florence Foster Jenkins dans un biopic officiel de Stephen Frears. On se demandait alors qui allait chanter le plus faux entre l’actrice américaine et la française Catherine Frot, qui venait de tourner Marguerite, sous la direction de Xavier Giannoli, un long-métrage inspiré de la même cantatrice.

A l'occasion de la diffusion du film, également porté par Hugh Grant et Rebecca Ferguson, ce dimanche sur Arte (suivi d'un documentaire sur Maria Callas), voici la critique de Première.

 

le "Marguerite" de Stephen Frear
Pathé/Memento

 

Impossible de ne pas comparer les deux, étant donné que Marguerite s’inspirait déjà du destin de la chanteuse new-yorkaise des années 20. Les deux bandes-annonces partagent des scènes entières. "Music is my life", dit Meryl Streep en introduction de la vidéo, là où Catherine Frot expliquait "Il n’y a que la musique qui compte pour moi". Les deux femmes justifient également qu’elles "travaillent dur" pour devenir cantatrices. Une ou deux heures par jour pour la première et quatre ou cinq pour la seconde. L’enjeu des deux films est le même : organiser une représentation sur scène, face à un public. Le ton aussi, alternant entre comédie et drame : les chanteuses n’ont pas conscience de leur absence de talent et leurs proches n’osent pas leur en parler. Au contraire, ils les soutiennent dans leur projet, tout en sachant qu’elles risquent de souffrir si le public se moque d’elles une fois en concert.

 

Alors ? Florence Foster Jenkins est-il purement et simplement un remake de Marguerite, qui a offert à Catherine Frot  le César de la meilleure actrice (elle a d’ailleurs chanté sur scène pour fêter ça !) ? "L’affiche proclame 'Vous n’avez jamais entendu ça', mais c’est un poil mensonger, écrivait Frédéric Foubert dans Première à sa sortie, en juillet 2016, étant donné que Xavier Giannoli racontait déjà la même histoire dans Marguerite : celle de cette mondaine richissime qui donnait des concerts sans se douter qu’elle braillait comme la Castafiore... Cinéaste de l’arnaque et de l’imposture (comme Giannoli), Stephen Frears cherche pourtant moins ici l’âpreté que la bienveillance feel-good, au risque de la mièvrerie. Mais on retrouve son sens de l’ironie dans une morale aussi retorse que celle de The Program (son récent portrait de Lance Armstrong) : que vous soyez dopé à l’EPO ou que vous chantiez comme une casserole, l’essentiel est que le spectacle continue."

Quant à la critique de Marguerite, elle est là :

Marguerite, avec Catherine Frot, donne envie d’aimer cette grande romantique [critique]