Une bataille après l'autre
Warner Bros.

PTA recommande quelques classiques du cinéma pour mieux attendre la sortie de son nouveau long-métrage avec Leonardo DiCaprio.

Impatient de voir Une bataille après l’autre, le dernier Paul Thomas Anderson ? Le nouveau film du réalisateur de Boogie Nights et There Will Be Blood sort dans les salles françaises mercredi et les critiques sont dithyrambiques (nous les premiers). Quoi de mieux pour patienter que de (re)voir quelques classiques du cinéma conseillés par PTA en personne ?

Invité ce mois-ci par la chaîne cinéphile américaine TCM, le cinéaste a programmé un cycle de cinq films en lien avec Une bataille après l’autre. Pas des sources d’inspiration à proprement parler, mais des films qui partagent des connexions thématiques et/ou esthétiques plus ou moins directes avec son propre film. Inspiré par le roman Vineland de Thomas Pynchon, Une bataille après l'autre raconte l’odyssée d’un ancien activiste d’extrême-gauche partant à la recherche de sa fille enlevée par un militaire raciste.

Et les cinq films en question sont :

A bout de course (Running on Empty, Sidney Lumet, 1988)

Le portrait d’une famille d’activistes des années 60-70, en cavale depuis qu’ils ont fait explosé une usine de napalm pour protester contre la guerre du Vietnam une quinzaine d’années auparavant, et de leurs rapports avec leurs enfants condamnés à une vie d’errance. Ce film de Sidney Lumet était passé plutôt inaperçu à la fin des années 80 mais sa réputation n’a fait que grandir au fil du temps. Ses liens thématiques avec Une bataille après l’autre (la réflexion sur l’engagement, sur l’héritage de la violence politique) sont évidents, même si PTA a préféré jouer dans son film la carte de l’action azimutée plutôt que celle de l’élégie à la Lumet.



Midnight Run (Martin Brest, 1988)

Un comptable et un chasseur de primes sont poursuivis par le FBI et la Mafia. Buddy (et road) movie avec Robert De Niro et Charles Grodin, très très culte (surtout aux Etats-Unis). "Un chef-d’œuvre", selon Leonardo DiCaprio. PTA disait récemment dans Esquire l’avoir vu "trois ou quatre fois" la semaine de sa sortie en 1988 et rêver depuis cette époque de "faire un film aussi drôle", mêlant action, aventure, courses-poursuites, fusillades et comédie. Mission accomplie - même si, sans vouloir offenser Martin Brest, Une bataille après l'autre et Midnight Run ne boxent pas tout à fait dans la même catégorie. 



French Connection (William Friedkin, 1971)

Sans doute cité par PTA pour sa course-poursuite légendaire. Celles d’Une Bataille après l’autre aussi sont à se décrocher la mâchoire.



La Bataille d’Alger (Gillo Pontecorvo, 1966)

Chronique ultra-réaliste de la guerre de libération nationale algérienne, et de la lutte sanglante entre l’armée française et les membres du FNL pour le contrôle de la casbah d’Alger. Tellement réaliste que le film de Pontecorvo sera étudié et décortiqué autant par les mouvements anti-impérialistes des années 60 et 70 que par les stratèges du Pentagone, au moment où l’armée de George W. Bush s’enlisait en Irak. Cité directement dans Une bataille après l’autre comme film de chevet de l’ex-activiste déphasé joué par DiCaprio.



La Prisonnière du Désert (The Searchers, John Ford, 1956)

Résumé par IMDb du chef-d’œuvre western de John Ford : "Un vétéran de la Guerre de Sécession se lance dans une expédition visant à délivrer sa nièce des Comanches". Remplacer "vétéran de la Guerre de Sécession" par "ex-révolutionnaire à la ramasse", "nièce" par "fille", et "Comanches" par "militaires suprémacistes blancs", et vous avez à peu près le pitch d’Une Bataille après l’autre. Sans oublier que La Prisonnière du Désert est l’un des glorieux représentants du format VistaVision, inventé dans les années 50 pour concurrencer le CinemaScope, tombé en désuétude ensuite, mais remis au goût du jour par le nouveau PTA, dans la foulée du Brutalist de Brady Corbet et en attendant le Hurlevent d’Emerald Fennell.



Une bataille après l’autre, de Paul Thomas Anderson, avec Leonardo DiCaprio, Sean Penn, Chase Infiniti… Au cinéma le 24 septembre.