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Le format 4/3 comme un étau qui se resserre. En jouant de ce champ de vision restreint, le cinéaste chinois Qiu Yang met minutieusement en exergue la situation de Cai, femme au foyer prisonnière d’une vie morose. Entre un mari qu’elle n’aime plus et une fille qui la méprise ouvertement, une amertume lancinante paralyse son quotidien jusqu’à imprégner chacun des plans. Tandis qu’autour d’elle le monde s’évertue à rester en mouvement, son incapacité à avancer est retranscrite à merveille par un rythme excessivement lent et une caméra statique. Autant de choix artistiques qui font de ce film une prouesse de mise en scène, bien que légèrement austère. Mais cette rigidité se dissipe lorsque vient la nuit. Une nuit sans fin éclairée par les phares des voitures et les néons des enseignes. Celle où la parole se délie entre les membres d’une famille tandis que, dehors, la pluie résonne.


