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Joy (Sonia Bonny) a la foi. L’église semble être sa maison. Nous sommes dans des faubourgs peu identifiés. On dira que l’époque est sûrement la nôtre mais aucune boussole spatio-temporelle nous le certifie. Dans les années 80, des cinéastes comme Enki Bilal, Luc Besson voire Jean-Jacques Beineix avaient investi des espaces souterrains, vestiges probables d’une apocalypse. Dans ces lieux périphériques, l’humanité se retrouve souvent réduite à presque rien, ne subsiste ici que des âmes égarées qui se sont reconstitués une famille autour d’une « mater » peu « dolorosa » (Asia Argento) Joy quitte bientôt les portes de sa paroisse soucieuse de sauver d’Andriy (Volodymyr Zhdanov), un jeune homme agressé sous ses yeux. Un saut dans le vide autant qu’une rupture intime. Le scénariste Camille Lugan (Ibrahim, Le Beau rôle) signe ici son premier long de cinéaste et fait le pari d’une embardée à l’image de sa (super)héroïne, sauvage et grâcieuse.


