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Découverte en 2020 avec le remarquable Slalom sur l’emprise mentale et sexuelle dans le sport, Charlène Favier a choisi pour son deuxième long de dresser le portrait d’Oxana Chatchko, l’une des co- fondatrices du mouvement FEMEN. Un personnage sans concession que la cinéaste raconte avec admiration sans pour autant verser dans l’hagiographie, ne cachant rien des dommages collatéraux de son jusqueboutisme qui explique sa rupture avec les autres FEMEN. Mais tout au long de ce récit – à commencer par ce parti pris artificiel et mal exécuté de construction en flashbacks et flashforwards – on ne cesse de se demander ce que la fiction apporte de plus qu’un documentaire. Elle permet certes de montrer une scène aussi puissante que celle où ces FEMEN se sont retrouvées menacées d’être brûlées vives en pleine forêt par des agents biélorusses dont il n'existe de fait aucune image. Mais, pour le reste, la fiction atténue la puissance et la radicalité de son personnage et de son sujet.



