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Retour à Monaco pour Virgil Vernier après Cent mille milliards (2024). L’environnement clinquant est regardé (dilué ?) par le truchement d’une image à la pixélisation fragile. Tourné au smartphone en mode journal intime par son héroïne – Iulia, une jeune Russe esseulée –, le monde décrit s’emplit d’une mélancolie barricadée dans un espace où le luxe semble interdire l’épanouissement des sentiments. Iulia a vu ses très riches parents déserter à la hâte leur paradis de la côte d’Azur pour rejoindre leur mère patrie qui vient d’envahir l’Ukraine. Les voilà parias. Les comptes en banque semblent gelés, le yacht file se planquer à Dubaï… Iulia croit encore à son conte de fée monégasque sans qu’on puisse comprendre ce qui la retient dans ce monde en trompe-l’œil où les liens sociaux sont aussi fugaces qu’un bolide un jour de Grand Prix. Vernier ausculte de film en film cette jeunesse qu’on dit dorée. Et, refusant les artifices de la fiction pour une vérité quasi nue, il capture un indicible mystère. Miraculeux.


