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Le charisme singulier de Caleb Landry Lones, la beauté de la lumière aux couleurs vives et chaudes de Sean Patrick Williams, le sens aiguisé du cadre d’Athina Rachel Tsangari (Attenberg)… On se laisse facilement embarquer par cette plongée au cœur d’un village et de ses coutumes, sorte d’Eden luxuriant coupé du reste du monde sans savoir précisément ni où ni à quelle époque on se trouve. Le mystère opère. Mais on comprend aussi vite que la forme va finir par poser une chape de plomb étouffante sur le récit. Et qu’après une interminable phase d’installation, l’arrivée du cousin du seigneur des lieux qui va prendre possession de ce village et transformer ce paradis même imparfait en enfer ne changera rien à l’affaire. Ce parti pris de mise en scène ouaté combiné à la faiblesse d’amplitude dans l’écriture des différents personnages entraîne même cette variation autour des jeux de pouvoir à la limite de la caricature pataude.



