Toutes les critiques de Double Take

Les critiques de la Presse

  1. Pariscope
    par Virginie Gaucher

    « Nom : Hitchcock Alfred ; taille : 1,68m ; poids : le prisonnier refuse de se prononcer… » Hitchcock est au poste ! A force de jouer avec le meurtre… Ce n’est que l’une des facettes des aventures du réalisateur. Il a rencontré l’un de ses sosies et en est bouleversé : des deux, il y en a forcément l’un de trop… Lui-même grand manipulateur de nos peurs, le maître du suspense est le guide idéal de cette réflexion sur la force des images. Il y mêle son histoire à celle du monde, lui-même en proie à une paranoïa galopante. Dans le collimateur, la télévision, outil de propagande entré dans les foyers et meurtrière du cinéma. Comme le dit Nixon à Krouchtchev, « Vous êtes en avance pour l’aventure spatiale, les Américains le sont pour la télévision. » Parsemé d’oiseaux, de tasses de café suspectes, de spots publicitaires (qui coupent les films, dixit Hitchcock, pour que le spectateur ne soit pas trop pris par l’intrigue), d’archives des années 50 et 60, le film de Johan Grimonprez pratique avec maestria l’art du montage dans un docu-fiction original et beau.

  2. Les Cahiers du cinéma
    par Cyril Béghin

    Quelque part entre la tradition critique du found-footage et un zapping activiste à la mode youtube, l'exercice est souvent facile et un peu tiré en longueur mais il esquisse une sorte de démonologie de la télévision que l'on pourra rapprocher du récent livre de Pacöme Thiellement sur David Lynch.

  3. Le Monde
    par Jacques Mandelbaum

    Enfin, la personnalité d'Alfred Hitchcock, grand amateur de double et lui-même agent double entre cinéma et télévision, y est elle-même sujette au dédoublement dans le film, Grimonprez s'intéressant à la vie du double officiel de Sir Alfred, Ron Burrage.
    Ajoutez à ce vertigineux mille-feuilles, une histoire censément narrée en voix off par Alfred Hitchcock sous les auspices de José Luis Borgès, et vous obtiendrez un film certes ambitieux, certes brillant par bien des aspects, mais qui finit par se prendre les pieds dans l'illusion qu'il dénonce.
    La prolifération des signes comme les rapports entre les choses qu'ils désignent semblent souvent y relever d'une tentation de la virtuosité plutôt que d'une pertinence de la pensée.