Première
Sous le soleil de Naples se dessine l’histoire de Jasmine, coiffeuse, mariée, et mère de trois garçons. Chaque nuit, c’est toujours le même rêve qui l’obsède : l’apparition de son défunt père, et d’une petite fille qui finit toujours par la rejoindre. Elle se met alors en tête d’adopter une fille. Avec ce quatrième long métrage, leur premier à sortir dans les salles françaises, Alessandro Cassigoli et Casey Kauffman passent au peigne fin l’intimité d’une famille bousculée par ce besoin de maternité devenu viscéral. Vittoria utilise les codes du documentaire - maîtrisés par les cinéastes - pour dresser un portrait sinueux mais authentique de ce processus d’adoption laborieux, parfois au prix de quelques anomalies. Mais Vittoria raconte aussi, avec pudeur, les divergences d’un couple et le deuil d’un père encore à vif. Dès le début, on peine à lire le personnage de Jasmine, puis les masques tombent dans une scène de fin pleine de tendresse qui rappelle qu’accueillir et aimer un enfant, c’est sans condition.
Marie Janeyriat