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Outre son tourbillon enivrant de couleurs et son fond de jazz ensorcelant, c’est grâce à Anna Tsuchiya que Sakuran le film capte son public. La jeune chanteuse pop délaisse un temps les studios pour incarner Kiyoha, cette Oiran (comprendre geisha) de l’ère Edo. Un rôle qu’Anna connaît bien : « Depuis ma plus tendre enfance j’apprécie le travail de Moyoco Anno. J’aime son univers à la fois romantique et réaliste. » Attention, les non-initiés au monde visuellement orgiaque du manga risquent toutefois l’épilepsie.
Oscillant perpétuellement entre un ennui amer et des crêpages de chignon en règle le portrait de cette jeune femme vendue à un destin de captive est incisif. « On compare beaucoup le film à Marie-Antoinette de Sofia Coppola. Je ne peux pas dire que je ne l’ai pas interprétée comme tel. »
Finalement rien n’a changé, soumis à d’autres tabous, d’autres règles, la jeunesse nippone se bat pour se libérer de son carcan. Quand on demande à Anna si elle a conscience d’incarner dans Sakuran le stéréotype de la jeune femme japonaise, l’actrice n’y va pas par quatre chemins : « Des femmes comme Kiyoha, il y en a eu, il y en aura toujours mais chaque pays a ses coutumes. Tout le monde subit des contraintes liées à sa culture. Elles sont simplement différentes selon les pays. »
Quoi qu’il en soit, Sakuran est le témoignage explosif et intemporel que sous ses airs exubérants et libérés la femme japonaise livre encore un dur combat pour le respect de ses droits.
Sakuran


