Première
Puisque sans attaches, Laurent arrive en coup de vent dans la vallée d’une station de ski en plein hors-saison. Il n’a ni domicile ni projet fixe, il cherche à prendre un nouveau départ. Le film quitte très rapidement les rails de la rédemption et de la réinsertion sociale, lui préférant le hasard de la déambulation et la subversion des modèles marginaux. Ce jeune homme de 29 ans suscite une curiosité magnifique (d’où vient-il ? est-il dépressif ou juste timoré ?), et touche à une certaine dérive existentielle propre à la jeune génération d’aujourd’hui. Mais les personnages secondaires qu’il croise ne sont hélas pas tout à fait à sa hauteur, comme trop balisés par leurs sociotypes ; on les a tous vu ailleurs et en mieux, par exemple chez Guiraudie… Les saisons passent mais Laurent reste le même être indéterminé dont on ne sait que faire. Le film termine donc trop tôt : que deviennent les gens comme Laurent après six mois ? Un an ? Dix ans ? On reste un peu sur notre faim.
Nicolas Moreno