Mixte, Pierre Deladonchamps
Amazon Prime Vidéo

Il est à l'affiche de deux films au cinéma cet été, un film Netflix et une série Amazon originale. L'acteur de 43 ans est partout en 2021. Rencontre.

Après votre voyage dans les 60's l'an dernier dans la mini-série Romance, sur France 2, vous remontez encore au temps des "Yéyé" dans Mixte (disponible depuis lundi sur Amazon Prime Vidéo). C'est une époque qui vous parle ?
Elle me parle parce que mes parents m'en ont beaucoup parlé, eux qui ont eu 18 ans en 1968. Ils avaient vraiment l'âge qu'ont les élèves de Mixte dans la série ! C'est une époque où il y avait plus d'insouciance, de légèreté. On était moins oppressé par les infos en provenance du monde entier. C'est une époque qui m'attire beaucoup par cet aspect-là. Je ne dis pas que le monde allait mieux, mais c'est une époque où les gens avaient moins conscience de tous les bouleversements du monde.

Qu'est-ce qui vous a séduit dans l'idée de rejoindre une série comme Mixte ?
Il y a beaucoup de choses, à commencer par des personnages qui étaient très bien écrits. Aussi bien sur l'adolescence que sur l'âge adulte. Les jeunes apportent des choses aux plus anciens et inversement. Et en ce qui concerne Paul (son personnage), c'est un homme coincé et empêché au départ, mais il évolue au fur et à mesure des épisodes, et il cache cet énorme secret moderne, avec sa femme, qui le rend plus complexe.


L'époque de Mixte, c'est aussi un temps où il y avait beaucoup plus d'inégalité entre hommes et femmes, et la série en parle très bien justement, sans tomber dans la caricature facile...
C'est tout le talent de Marie Roussin. Avec Les Bracelets Rouges ou même Un Village Français, elle a l'habitude de parler de l'adolescence. A travers les rapports hommes/femmes, le prisme du féminisme, ou du non-féminisme de l'époque d'ailleurs, elle a réussi à faire passer des messages subtiles, mais complètement d'actualité. On voit de là où on vient. Quand on demandait aux filles de ne pas se faire remarquer et aux garçons d'atteindre l'excellence. La série montre les progrès qui ont été faits, le chemin qu'il reste à faire. Même si tout n'est pas parfait aujourd'hui, je crois qu'il faut savoir s'arrêter une seconde pour voir le positif. C'est bien de se rendre compte de la manière dont notre société a évolué.

Vous passez facilement du cinéma à Romance ou à Mixte avant de retourner sur le grand écran. On a le sentiment que la digue entre le ciné et les séries a définitivement sauté.
Je l'ai toujours pensé en fait. Cela dépend juste des rôles qu'on me propose. Je ne veux pas faire de la télé pour faire de la télé. Ou ne pas en faire pour ne pas en faire... Tout est une question de qualité et d'envie. Le cinéma reste essentiel, il ne faut certainement pas l'oublier. Mais les séries et les plateformes ont aussi de très belles choses à proposer. La société évolue et c'est important d'être en phase avec son époque. Je ne crois pas qu'il faille bouder un écran parce qu'il est plus petit que l'autre. Je comprends les puristes qui pensent qu'on ne peut voir un film qu'en salle, sans pop-corn. Mais en même temps, la télévision et les plateformes de streaming permettent aux gens qui ne seraient pas allés les voir au cinéma de découvrir certaines oeuvres moins accessibles. C'est important d'aller chercher ces gens-là aussi.

Romance
Jean-François Baumard / FTV / Cinétévé

Vous aviez fait vos armes dans des séries télé au début des années 2000. Vous avez dû constater une évolution dans la qualité des productions ou du moins dans les ambitions ?
Bien sûr, et ça vient des Etats-Unis, forcément. Je pense à HBO, qui depuis des années a réussi à produire des séries incroyables. Si Game of Thrones ou Six Feet Under avaient été développés au cinéma en je ne sais combien de volets, je crois qu'il y aurait eu moins de monde au rendez-vous. Ils ont su créer de très belles oeuvres.

Vous êtes du genre à binge-watcher justement ? Ou plutôt à aimer découvrir de nouvelles séries ?
Je suis plutôt du genre à rattraper des choses à côté desquelles je suis passé. Je suis un consommateur instinctif, spontané, j'écoute les conseils de mes amis. Après j'aime bien me détendre et revoir Friends avec mes enfants. Même si ça a vieilli, même si c'est devenu discutable sur certains points, Friends reste une série phare de mon adolescence.  

En plus de Mixte, vous avez trois films qui sortent cette année. Après Madame Claude sur Netflix, Vaurien vient d'arriver en salles (le 9 juin) et vous serez dans Eiffel, en août. Cette année 2021 est spéciale pour vous non ?
Je suis un peu gêné pour tout dire. C'était évident que ça allait arriver, vu que j'ai tourné pas mal de choses en 2019 et 2020 et que toutes les sorties ont été reportées à la même période. Je ne suis pas le seul dans ce cas-là... Mais l'inquiétude, c'est qu'il ne faut pas lasser les spectateurs, en étant dans trop de choses, de manière trop rapprochée.

Pierre Deladonchamps Vaurien
REZO FILMS

Dans Mixte, comme dans Romance d'une certaine manière, votre personnage, Paul, est un type foncièrement gentil. Le genre de rôle qu'on vous donne souvent. Du coup, ça a dû être agréable d'incarner une crapule dans Vaurien ?
Je n'ai pas pris spécialement de plaisir à jouer un tel personnage, mais en tout cas, j'étais fier d'être dans un film comme ça, de dépeindre la personnalité de ce type, inspiré des plus grands tueurs en série. Un film sans sensationnalisme, sans hémoglobine, avec une forme de finesse, d'intelligence, qui dénonce beaucoup de choses, sans être trop appuyé. C'est un petit film, fait avec des moyens dérisoires, auquel je suis ravi d'avoir participé. Peter Dourountzis a fait un très beau premier long métrage, plein de promesses pour les suivants.

Vous serez à l'affiche d'Eiffel cet été, qui sera, pour le coup, un très gros projet avec un gros budget. J'ai presque envie de dire que c'est votre premier blockbuster...
Oui tout à fait ! J'avais fait Photo de famille aussi (en 2018), avec un gros casting, Vanessa Paradis et Jean-Pierre Bacri entre autres, mais c'était plus un film chorale. Là, c'est vrai que c'est un gros film international, qui parle d'un sujet connu dans le monde entier, avec La Tour Eiffel. Le tournage était très impressionnant. Les décors étaient fous. Il y avait beaucoup de moyens déployés. Et le résultat est magnifique je trouve !


De L'Inconnu du Lac, la révélation et le César de Meilleur Espoir, en 2014, qu'est-ce qui vous reste ? Qu'est-ce que vous avez gardé de tout cela, 7 ou 8 ans plus tard ?
Je crois que j'ai eu beaucoup de chance, avec le recul, qu'un metteur en scène comme Alain Guiraudie me fasse confiance ainsi pour mon premier premier rôle au cinéma. Je me rends compte encore plus aujourd'hui, parce que ça m'a donné une certaine légitimité dans le cinéma d'auteur, un genre qui me plaît beaucoup, même s'il est aussi exigeant. Je crois que cela m'a permis aussi d'apprendre à prendre le temps de faire les bons choix, parfois attendre un an ou un an et demi que le bon projet se présente à moi. J'ai pu accéder aussi à des films plus populaires, comme des comédies. 

Vous allez tourner dans une comédie prochainement ?
Oui, j'en fait une cet été avec une brochette d'acteurs que j'aime beaucoup. Ca s'appelle Hawaï, réalisé par Melissa Drigeard (avec aussi Manu Payet, Élodie Bouchez et Nicolas Duvauchelle, NDLR). Je pars fin juin à la Réunion pour débuter le tournage. Ca me plaît beaucoup de pouvoir mélanger les genres, de ne pas être cantonné aux films d'auteur. Même si je suis très fier de ceux que j'ai fait, je suis content de me diversifier. Et puis dans l'interprétation, bien que ce soit très dur de jouer la comédie, l'ambiance et le personnage sont quand même plus fun ! Aller toujours dans le drame, ça peut parfois être lourd dans la vie quotidienne. Ceci dit, dans un genre totalement différent, je viens de terminer Vous n'aurez pas ma haine, de Kilian Riedhof, qui me tient particulièrement à coeur, parce qu'il est adapté du livre d’Antoine Leiris, qui a perdu sa femme au Bataclan. Ce fut un tournage très éprouvant, mais j'espère que le résultat sera à la hauteur.

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