Le Grand déplacement Zadi
Gaumont

"Ils sont obligés d’inventer le Wakanda, pour faire passer le truc..." À contre-courant de l'approche hollywoodienne, le cinéaste d'origine ivoirienne a voulu laisser toute la place au continent, "pour proposer un autre point de vue : celui des Africains".

Pour sa deuxième réalisation, Jean-Pascal Zadi décolle pour le cosmos, embarqué dans une mission panafricaine destinée à sauver l’humanité. Avec Le Grand Déplacement, qui sort aujourd'hui en salles, il poursuit son exploration d’un cinéma à la fois engagé et populaire.

Dans la lignée de Tout simplement noirLe Grand Déplacement jongle entre comique et politique. Et cette fois, Zadi y injecte un souffle d’aventure, un vaisseau spatial, et des effets spéciaux… 

"Je n’ai pas cherché à surprendre à tout prix, mais plutôt à fabriquer un objet de cinéma divertissant, dépaysant, immersif", explique Jean-Pascal Zadi dans une grande interview accordée à Première, à lire dans le numéro 564 (juillet-août 2025).

"Jusqu’ici, que ce soit avec mon premier film ou avec la série En place, j’étais dans un univers réaliste, quotidien, proche de nous. Là, je me suis offert un rêve de gosse : du suspense, le cosmos, un robot, et des blagues. Et puis, j’en avais un peu marre de ces films de science-fiction où c’est toujours l’Occident qui sauve le monde. Je voulais proposer un autre point de vue : celui des Africains".

Jean-Pascal Zadi Le Grand Déplacement
Gaumont

Car l'acteur né à Bondy et d’origine ivoirienne avoue être lassé de l'approche hollywoodienne de l'Afrique et confie son envie de mettre en lumière le continent tel qu’il est.

"J’aime bien Black Panther, par exemple, mais ils sont obligés d’inventer un pays, le Wakanda, pour faire passer le truc", analyse-t-il, avant de poursuivre : "Moi, en tant que fils d’Africain, j’ai beaucoup souffert de cette tendance qu’a la fiction occidentale à inventer des pays en Afrique pour y installer ses récits. Le Wakanda, le Zamunda, le Botswanga… C’est une façon de ‘réenchanter’ le continent, comme si sa réalité n’était pas assez intéressante, ou trop anxiogène."

Alors Jean-Pascal Zadi a absolument tenu à ce que son Grand Déplacement "soit pleinement ancré dans l’Afrique de 2025. Avec des héros portés par une quête de décolonisation, désireux de se libérer d’un système qui les étouffe..."

Retrouvez l'interview complète de Jean-Pascal Zadi dans le nouveau numéro de Première (juillet-août 2025). Le Grand Déplacement est à voir au cinéma depuis le 25 juin.