"J’ai eu la force de dire non à certaines choses, et surtout d’oser dire ce que je voulais pour Xenia" se souvient l'actrice néerlandaise, inoubliable James Bond Girl sociopathe face à Pierce Brosnan.
Alors que James Bond 26 se fait attendre, on se souvient aujourd’hui du premier grand break pris par l’espion de Sa Majesté. Le 20 décembre 1995, après plus de six ans d’absence, James Bond faisait son retour dans les cinémas français avec un nouvel acteur dans le smoking : Pierce Brosnan. Trente ans plus tard, GoldenEye reste un incontournable de la saga. Et nous avons retrouvé son actrice principale, la plus hollandaise des actrices américaines : Famke Janssen. Invitée au dernier Festival de télévision de Monte-Carlo pour sa série Amsterdam Empire, la star de 61 ans se remémore ce rôle qui a changé sa vie. Interview.
PREMIÈRE : On célèbre cette année le 30e anniversaire de GoldenEye… Qu’est-ce que ça vous inspire ?
Famke Janssen : Si longtemps que ça ? C’est dingue ! Je n’imaginais pas que c’était si loin… D’ailleurs, je me rappelle très bien qu’on avait tourné ici, à Monte-Carlo, dans les environs du Casino. Et puis bien sûr cette séquence avec la Ferrari dans les montagnes alentour. C’était assez fou à filmer, dans mes souvenirs.
Vous êtes toujours une James Bond Girl au fond ?
Certains voient encore aujourd’hui la James Bond Girl que j’étais à l’époque. Mais d’autres me reconnaissent surtout comme la Lenore de Taken ou la Jean Grey dans la saga X-Men. Et très peu réalisent que je suis toutes ces filles à la fois.
Comment avez-vous construit Xenia Onatopp ?
Tout n’était pas dans le script. Il a vraiment fallu que j’invente le personnage, que j’y mette un peu de moi. Quand j’y repense, il fallait que je sois vraiment courageuse — ou un peu inconsciente — parce que c’était le tout début de ma carrière d’actrice. Et j’ai eu la force de dire non à certaines choses, et surtout d’oser dire ce que je voulais pour Xenia. Quand elle crie de manière orgasmique, presque hystérique, ce n’était pas sur le papier. Ça vient de moi. J’en ai fait un personnage très agressif, effrayant, et pourtant totalement différent de moi, qui suis tellement timide dans la réalité.
Vous vous souvenez du casting ?
C’était une énorme audition. Gigantesque. C’était le retour de James Bond au cinéma. Alors toutes les actrices du monde voulaient ce rôle. Et la plupart étaient prêtes à faire tout ce que disaient les producteurs. Mais c’est vrai que moi, j’ai voulu mettre mon grain de sel. J’ai demandé à ce qu’on étoffe Xenia, qu’on ajoute des choses au rôle.
Et votre relation avec Pierce Brosnan ?
Quand on a joué dans un James Bond, il est toujours de bon ton de dire que son 007 est le meilleur de tous les James Bond (rires)... Non mais blague à part, on s’est très bien entendus. C’est vraiment un type adorable et, grâce à lui, j’ai vécu une expérience de 007 inoubliable.
Après toutes ces années à travailler aux États-Unis, êtes-vous devenue une actrice hollywoodienne ?
Non, je ne dirais pas ça. Déjà parce que je vis à New York. Et je passe beaucoup de temps à Londres. Est-ce que je suis encore néerlandaise après tout ce temps (rires) ? C’est une très bonne question ! Mais je ne me sens pas tellement américaine non plus, à vrai dire… Disons que New York est un vrai melting-pot. Alors je crois que je suis une citoyenne du monde au fond.







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