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Surnommée la Sarah Bernhardt italienne, Eleonora Duse (1858 – 1924) a connu les fastes d’une gloire théâtrale avant de voir son étoile pâlir au moment où le fascisme naissant lui fit les yeux doux. La comédienne à l’intensité maladive n’était pas portée par des convictions politiques mais un égo lui imposant d’aller dans le sens du vent (mauvais). Pietro Marcello (Martin Eden) s’intéresse ici à la dernière partie de sa vie alors que le feu de la Première Guerre Mondiale détourne tous les regards de la scène. La magnifique séance d’ouverture voit ainsi Eleonora Duse comme en suspension au-dessus des montages, la nacelle qui la conduit jusqu’à ses hôtes installe d’emblée un équilibre précaire. A cet espace majestueux, la mise en scène va très vite raccorder au plus près du visage de l’héroïne, véritable territoire d’un film qui impose une énergie émotionnelle plein pot. C’est à la fois la qualité du film (une Valeria Bruni Tedeschi maximaliste) et sa limite (une Valeria Bruni Tedeschi maximaliste).


