- Première
Au Japon, un étudiant explique avoir choisi des cours de cuisine pour oublier le carillon qu’il est le seul à entendre dans sa tête. À la symétrie des fourneaux et la propreté des postes se fixe donc une résistance : l’homme appelle à l’aide par tous les moyens, tandis qu’il suscite gêne et rejet auprès de ses comparses. À la fois gaslight movie et film-contamination, Chime joue sur les peurs interne (ressentie par le protagoniste) et externe (celle qu’il procure aux autres) pour questionner l’isolation de l’individu dans la société japonaise. En partant d’une folie dont ne peut sortir son personnage et en ayant recours aux ellipses, Kiyoshi Kurosawa (décidément ultra- actif car de nouveau présent en salles le 5 juin avec Cloud) convoque les fantômes de ses films passés tout en offrant à son récit une absence de résolution terrifiante. Avec du neuf, il continue de faire comme avant : ceci s’appelle une (jolie) impasse.
Nicolas Moreno
Chime

