Maléfique (2014) Disney
Disney
Maléfique (2014) Disney
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Maléfique (2014) Disney
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Maléfique (2014) Disney
Maléfique (2014) Disney
Maléfique (2014) Disney

C'est le meilleur rôle d'Angelina

Une leçon même. Aiguisée, aigüe, saillante, la Jolie est de retour dans l'un de ses meilleurs rôles. En quelques scènes, elle domine l'ensemble (personnage et film) d'une manière hallucinante et rappelle que la plus grande star hollywoodienne, c'est elle. Il lui suffit de trois expressions et d'une démarche bien sentie pour réussir à donner du relief et rendre crédible un personnage qui n'était qu'un croquemitaine iconique sans épaisseur. Une cape, des ailes coupées, et ce visage osseux obsédant? Impossible de voir Maléfique sans constater que, avec l'âge, l'actrice cultive cette étrangeté bizarre, une sécheresse morbide qui tranche avec les stéréotypes de la star hollywoodienne de blockbuster (femme virile ou tueuse sexy). Ici, elle met en sourdine sa charge sexuelle pour ne garder que les pulsions de mort et ses tentatives de rédemption. Comme elle l'avait fait dans Wanted et dans Salt, Jolie tire la quintessence de son personnage, le remplit du minimum pour lui donner un impact maximum. C'est ce dosage absolu, ce contrôle monstrueux qui laisse le spectateur incrédule. A ce point de maîtrise, au fond, on ne voit que Tom Cruise.

Mais il n'y a pas qu'elle et l'intérêt du film réside aussi dans ce qu'elle joue : un personnage Disney live. Loin des facéties monstrueuses d'un Depp/Chapelier ou des folies queer de Franco à Oz, Jolie incarne son personnage de sorcière de manière hyper straight, quasiment littérale. Elle s'inspire de son modèle et tente de lui donner de la profondeur et une humanité là où les deux précédents héros de live cherchaient à rendre leurs personnages dingos. C'est sans doute là que tient la vraie réussite de ce film transcendé de bout en bout par une performance inégalée.

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C'est le film d'un directeur artistique

Pas d'un réalisateur. Il suffit de voir le monde des fées dès l'ouverture de Maléfique pour se rappeler que Robert Stromberg a d'abord été le Production Designer de James Cameron et de Tim Burton. Un chef déco, un DA (de génie, si si) capable de donner corps aux visions les plus folles et les plus excentriques. Le film pille (avec plus ou moins de bonheur) les fantasmagories édéniques d'Avatar, les univers luxuriants de Big Fish et de Alice au pays des merveilles. C'est beau, vénéneux. Monumental. Mais rapidement stérile. Parce que passés l'incroyable 3D, la photo et les visions de dragons, de ballets aériens ou de délire végétal, le film ne parvient pas à décoller, à incarner ses enjeux émotionnels. Jamais porté par une mise en scène à la hauteur de ces visions, Maléfique sombre dans l'illustration et n'atteint pas la sensation épique qu'il vise. C'est particulièrement criant dans les scènes de combat (le dragon, la guerre) pas très bien gérées, le retournement de l'intrigue et surtout la partie qui concerne Aurore, un peu niaise. 

C'est une drôle d'expérience

On connaît le principe : raconter l'histoire de La Belle au bois dormant depuis le point de vue de la sorcière. Double défi pour Disney : inverser la morale (le héros est une méchante) et jouer avec le sentiment de déjà vu sans lasser le spectateur. Stromberg, peu savant en psychanalyse mais balèze en illustration, invente une façon originale d'en découdre avec une matière vraiment universelle, qui touche pratiquement tous les habitants de la planète. A savoir ceux qui connaissaient le conte original, mais surtout les millions de spectateurs qui ont « déjà vu » la version « officielle » du dessin animé. Les personnages sont fidèles au rendez-vous du souvenir : les trois fées un peu débiles, le corbeau métamorphe, la sorcière, le roi, le prince charmant. Ils sont tous là, mais ont tous un peu changé. Un peu comme quand on revient dans une vieille maison qu'on n'a pas habitée depuis longtemps et dont un nouveau proprio a changé la disposition, on est en territoire connu avec quand même un sentiment d?étrangeté. Oui, le plan de Maléfique triomphante est là, décalqué du dessin animé original, mais le dragon n'a plus la même gueule. Et la malédiction a changé. C'est dans ces différences que se niche l'intérêt du film, entre autres. Moins dans les changements radicaux (on sent que le début du film, l'origine story de la sorcière, a été charcuté) que dans ces variations subtiles.

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C'est un remake de La Reine des Neiges

Une sorcière qui vit recluse, une malédiction lancée qu'il faut tenter d'enrayer, la mort (symbolique) du prince charmant, et l'idée de la soeur/mère qui réveille la princesse endormie. Etrangement, Maléfique est moins une relecture de La Belle au bois dormant qu'un remake live de La Reine des Neiges, le dernier tube du studio aux grandes oreilles. Parallèle fascinant : Maléfique est finalement autant une opération de relifting des classiques, une manière de faire vivre l'héritage (un des grands enjeux de la maison depuis ses débuts) que d'affirmer une fois de plus l'identité intangible du studio.

A l'heure où il est devenu le plus gros empire du cinéma, la major la plus puissante de l'époque (Marvel ? Disney. Star Wars ? Disney. Indiana Jones ? Disney), le challenge est désormais de savoir préserver son identité dans cet univers pop culturel. Maléfique est à ce titre un "statement". Disney, c'est d'abord une réappropriation de son catalogue (infini dans ses relectures potentielles) et des axes narratifs (la réinvention du film de princesse) qui se croisent et sont identiques, que ce soit en live ou en animation. Se replier sur ses fondamentaux pour mieux casser la baraque. Revisiter sa propre mythologie pour mieux se lancer dans le futur.

Que vaut sa suite, sortie en 2019 ?

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