John Wick Parabellum Photogramme
Lionsgate

Keanu Reeves rempile pour un épisode toujours plus jouissif et sanglant.

Dès les premiers plans de John Wick Parabellum, à mesure que Keanu Reeves tabasse un colosse de deux mètres à grands coups de bouquin, il est clair que ce troisième volet ne versera pas dans la littérature. Tant mieux. Le film de Chad Stahelski nous propulse quelques instants après la fin du deuxième volet et l’assassinat de Santino D’Antonio (Ricardo Scarmaccio) dans la backroom du Continental. Keanu n’a pas eu le temps de faire une sieste qu’il se retrouve traqué par la moitié de la Grande Pomme pour un juteux butin de 14 millions de dollars. Son excommunication ouvre la voie à une pléthore de scènes d’actions jubilatoires et ultra-référencées, entre la course-poursuite à moto de The Villainess et la scène des miroirs d’Opération Dragon. Une réussite visuelle qui tient autant à la dépense physique des acteurs (Halle Berry impressionne par son dynamisme), qu’à l’expertise de Stahelski en matière de cascades.

Stahelski et Hutch

Avec une ambition renouvelée, Chad (jamais un nom n’aura été aussi parfait pour un cinéaste aussi décomplexé) capture la violence avec un réalisme inouï, sans pour autant céder au morbide. L’ancien stunt double de Keanu Reeves démontre encore toute sa maestria dans sa minutieuse chorégraphie des combats rapprochés. Une danse macabre de plus de deux heures dont le soliste, devenu expert des points de suture maison, finit toujours par triompher. Dans ce chaos de sons, de sang et de chair, la caméra du metteur en scène ne semble jamais perdue. Au contraire, chaque scène vengeresse se déroule avec la discipline d’un ballet. La comparaison n’est pas anodine au vu de la séquence du théâtre, où Stahelski alterne entre la technicité des danseuses en pleine répétition et celle des assassins prenant d’assaut les lieux. En véritable Maurice Béjart des gunfights, Stahelski fait preuve d’une virtuosité irréfutable, couplant les violons de Vivaldi au raid démentiel de l’hôtel Continental.  

Du sang et des armes

Et si John Wick Parabellum peaufine encore sa maitrise du Gun-Fu, il n’en délaisse pas pour autant la mythologie mise en place dans les opus précédents. En plus d’en apprendre plus sur la jeunesse de catcheur biélorusse du Baba Yaga, cet épisode fait du Continental son terrain de jeu principal. Le palace new-yorkais, havre de paix pour les tueurs à gages (et leurs compagnons canins), se retrouve dans le viseur de la High Table après que son patron Winston (Ian McShane) ait donné une chance à John de s’échapper. Déterminée à éliminer le croquemitaine et tous ceux qui lui ont prêté main forte, l’institution la plus puissante du crime envoie son arbitre (Asia Kate Dillon) pour mater les mutins. Le sérieux glaçant de la bureaucrate est pourtant loin de plomber l’affaire, parfaitement relevée par les cabotinages de Jerome Flynn et l’humour de Marc Dacascos. Parfait en assassin/admirateur de John Wick, l’ancienne gloire du film d’action 90’s complémente la dimension burlesque d’une saga qui, malgré quelques patinages scénaristiques, n’a jamais été aussi savoureuse. Pourquoi se priver ?

La série sur John Wick verra-t-elle le jour ?