Avengers Endgame
Capture d'écran Marvel

Marvel parvient encore à surprendre, même en reprenant toutes les recettes de son succès.

Onze ans après Iron Man, la saga super-héroïque de Marvel se termine avec ce 22e blockbuster, Avengers Endgame. Suite au "snap" destructeur de Thanos (Josh Brolin), les héros d’origine (Iron Man, Black Widow, Captain America, Thor…) plus quelques nouveaux (Rocket, Ant-Man ou Captain Marvel) se réunissent une dernière fois pour tenter de ressusciter leurs amis disparus. Difficile d’en dire plus sans spoiler, il faut simplement savoir que les frères Russo et leurs scénaristes ont trouvé une bonne idée pour que cette suite d’Infinity War soit à la fois un grand final (pour le prouver il n’y a même pas de scène post-générique) et un maxi best-of des épisodes précédents. Un film somme, qui durant trois heures bien remplies invoque des scènes clés de la saga tout en offrant à chaque personnage important son moment de gloire. Sans oublier quelques surprises de taille ! Même si les théories fusaient, le duo n’avait pas menti en affirmant qu’il était "impossible que les fans devinent ce qui se passent". Le tout est parsemé d'une bonne dose d’humour : cet épisode est particulièrement fun, même au sein des standards de Marvel, dont la recette est poussée à son paroxysme.

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"Avengers, rassemblement !"
Logiquement, Endgame s’adresse avant tout aux fans de la saga. Si vous avez suivi l’histoire depuis le début, vous retrouverez ici assez de clins d’œil pour passer un bon moment : le curseur du "fan service" est poussé à fond… et il faut bien avouer que les multiples références aux épisodes précédents sont globalement efficaces. Si vous en avez manqué, pas de panique ! Les éléments les plus constructifs de la saga, qu’ils remontent à Thor, Captain America, Avengers ou aux Gardiens de la Galaxie, sont rappelés afin de ne pas perdre trop de spectateurs en route.

Le blockbuster n’est évidemment pas sans défaut, dont certains sont dus à son concept même : Kevin Feige, le "cerveau" du studio, a à présent tellement de personnages à gérer que quelques-uns sont forcément un peu laissés de côté, comme Captain Marvel (Brie Larson), étonnamment peu présente, alors qu’elle démontrait sa surpuissance très récemment dans son film en solo. A l’inverse, une poignée de héros volent la vedette aux autres, à l’image de Tony Stark (Robert Downey Jr.) ou Steve Rogers (Chris Evans), qui continuent d’évoluer de façon intéressante. Leur traitement est d’autant plus marquant qu’à leurs côtés, Hawkeye (Jeremy Renner), qui aurait dû faire son grand retour, reste malgré lui le héros mal-aimé de la saga : à peine entrevu dans le premier Thor, il était manipulé durant la majeure partie d’Avengers et était le grand absent d’Infinity War. Ici, sa "transformation" en Ronin est teasée dès l’introduction, mais s’avère finalement peu aboutie.
La multiplication des héros et des intrigues crée aussi d’inévitables longueurs, surtout au début : passé un premier quart d’heure alléchant, la mise en place des enjeux prend son temps (c'était déjà le cas dans Civil War, des mêmes réalisateurs).

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On sait bien que Marvel ne s’arrêtera pas en si bon chemin. La firme devrait remettre en scène une bonne partie de ses héros (très) prochainement (rappelons que Spider-Man revient dans Far From Home dès juillet), il reste bien assez de survivants pour continuer à puiser dans les comics et poursuivre l'aventure... Reste qu'Endgame permet aux spectateurs de la première heure d’assister à un final cohérent et surtout divertissant à souhait. Durant plus d’une décennie, l’"Infinity saga", avec ses hauts et ses bas, aura été construite comme une véritable série du cinéma, chaque blockbuster étant pensé comme un épisode et développant des enjeux plus ou moins importants (Infinity War se terminait sur un cliffhanger "choc", puis Ant-Man et la Guêpe offrait une parenthèse rafraîchissante, par exemple). Encore une fois, l’absence de scène post-générique, bien que symbolique, insiste sur ce côté "ultime" d’Endgame, film qui boucle la boucle.