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Sept ans durant, les deux trublions Omar et Fred ont mêlé leurs talents d’humoristes dans Le SAV du Grand Journal, sur Canal+. A l’occasion de la sortie de l’intégrale de leur émission en DVD, ils font un bilan avec Télé 7 jours… rigolard bien sûr !

L’annonce de l’arrêt du SAV a surpris vos fans : est-ce votre décision ?Omar : Bien sûr. Nous avons fait les deux dernières saisons dans des conditions compliquées à cause de nos tournages respectifs.Fred : En quatorze ans à Canal+, dont sept de SAV, on s’est dit qu’on avait fait le tour des programmes courts [le duo a débuté dans des sketches avec Jamel Debbouze ndlr]. C’était bien d’arrêter ce "septennat" sur une année présidentielle !Omar. Nous débutons un nouveau cycle en écrivant un film de cinéma. C’est notre nouvel enfant, le petit dernier en somme !Vous aviez votre dose d’humour hebdomadaire avec les enregistrements du SAV chaque jeudi. Ne craignez-vous pas de ressentir un manque ?Omar. Le temps passé ensemble à rigoler va nous manquer, oui. Au-delà des vannes qu’on faisait, c’était une démarche très égoïste !Fred : Elles ont marqué l’histoire de la télé. On parle de l’époque du SAV. Il y a la génération Omar et Fred et c’est pas pour autant qu’on le rappelle dans les interviews ! Modestie et sincérité, c’est tout nous !Vous souvenez-vous de la fois où votre partenaire vous a fait le plus rire ?Fred. Un milliard de fois, heureusement pour nous. Chaque tournage bouillonnait d’improvisations. On essayait toujours de se surprendre. Je me souviens du moment où Omar s’est mis un bonnet de bain et s’est présenté comme Laure Mamadou. Je peux revoir la séquence 100 fois, elle me fait toujours autant d’effet.Omar. Moi, c’est le premier "Tu viens plus aux soirées !". Sans prévenir, Fred sort un groin de cochon et me balance la phrase. Le premier est arrivé comme ça. J’étais mort de rire. Ensuite, c’est devenu un gimmick. Fred était très fort pour inventer des personnages, comme Rocco [un obsédé inspiré de l’acteur porno Rocco Sifredi, ndlr]. Beaucoup de bonnes idées sont nées hors caméra, entre les prises, Superconnard notamment. Mais on n’a pas de bêtisier inédit parce qu’on diffusait même les séquences non prévues au départ.Considérez-vous le SAV comme vos années d’apprentissage, votre Conservatoire à vous ?Omar. Oui, c’était notre laboratoire. On a l’habitude de dire que Canal+ a été notre centre de formation. Comme les jeunes en alternance professionnelle, on a été formés en entreprise !Fred. Exactement. On a eu la chance que notre chronique marche. Au début, pourtant, on a fait des trucs qui n’ont pas fonctionné mais ça nous a permis d’apprendre.Qu’avez-vous dit à votre partenaire à l’issue du dernier enregistrement, en juin dernier ?Omar. Bonnes vacances ! Je n’ai pas pensé que c’était une fin mais plutôt le début d’une nouvelle aventure avec notre projet de film en commun. Mais reprendre le SAV un jour n’a rien d’improbable. L’exercice nous plaît et l’envie ne disparaîtra jamais.Avec le recul, que vous a apporté votre alter ego ?Fred. On a grandi en même temps que notre amitié. Depuis notre rencontre, on s’apporte beaucoup mutuellement et chacun est sensible à l’opinion de l’autre.Omar. Je sais que Fred ne va pas me ménager : c’est aussi ça l’amitié.Fred : D’ailleurs, je n’ai pas aimé Intouchables et je lui avais dit de ne pas le faire. Il aurait dû m’écouter !Interview Julien Barcilon du magazine Télé 7 jours