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20 ans après, Isabelle Adjani raconte le mythique tournage de La Reine Margot

Dans le nouveau numéro de Vanity Fair, actuellement en kiosques avec Isabelle Adjani en Reine Margot en couverture, la star française aux cinq César revient longuement sur le chef-d’œuvre de Patrice Chéreau, vingt ans après sa sortie en salles.Bien avant le succès de Game of Thrones, bien avant les Tudors ou autres Borgia, il y avait déjà quelque chose de pourri au Royaume (de Navarre en l'occurence) qui, sous la plume de Danièle Thompson et devant la caméra plus inspirée et virevoltante que jamais du regretté Chéreau, se retrouvait sublimé grâce une distribution hors-paire où trônait au sommet une sublime Adjani, incarnation sensuelle, fragile et envoûtante de La Reine Margot.Dans le mensuel français, Isabelle - que l'on a vue récemment à l'affiche de Sous les jupes des filles et qui fera prochainement son retour au théâtre avec Kinship - évoque ses souvenirs de ce tournage mythique baigné de lueurs de scandale, de sexe, de violence et de pouvoir.Ainsi, on apprend tout d'abord la gestation du projet, l'envie de Chéreau de tourner avec une Adjani encore indécise aux prémices de la production et qui consacrait alors sa vie à sa romance avec Daniel Day-Lewis. On découvre d'ailleurs que ce dernier, qui avait tourné l'année précédente Le Dernier des Mohicans avec Chéreau-acteur, était le premier choix de Chéreau-réalisateur pour incarner La Môle dans Margot (rôle finalement tenu par Vincent Perez), alors que Patrick Bruel (la superstar française de l'époque) devait incarner Henri de Navarre (rôle tenu par Daniel Auteuil).En se remémorant cette période, Isabelle Adjani lève le voile sur la fabrication d'un des monuments du cinéma français. L'actrice se rappelle ainsi le début du tournage et la découverte de ses costumes : "On était comme des papillons. On bougeait, on volait. C'était facile à enfiler et à retirer aussi ! Le corset laissait apparaître les seins pour que les corps puissent s'emboîter." Mais elle se souvient aussi du bonheur de tourner dans l'ambiance créer par le brillant chef-opérateur Philippe Rousselot : "Il y avait une petite armée de lumières qui nous entourait et qui était protectrice. J'adorais ces moments."Plus loin dans l'article, Isabelle se livre encore plus et évoque Chéreau, leur relation presque conflictuelle sur le plateau : "Patrice cherchait l'extrême mélange des genres. La douceur, l'exaspération, le massacre, l'amour insensé. Dans chaque scène, deux éléments antagonistes sont confrontés. C'était difficile, il nous mettait en état de court-circuit. Il faut toujours être au diapason avec lui. C'est vraiment un chef-d'orchestre - et pas de musique de chambre."Au fil de l'article, on découvre également le "off" de ce tournage titanesque, l'effet que la venimeuse et très sexuelle Asia Argento avait sur le casting masculin, les acteurs qui jouaient au coq pour plaire le plus possible à leur metteur en scène et faire de l'ombre aux autres, mais aussi ce qui fut l'inspiration première de Chéreau pour tourner la scène de la Saint-Barthélémy : la violence sauvage de Martin Scorsese dans Les Affranchis, avant qu'Isabelle ne délivre une dernière confidence : "Ridley Scott m'a proposé de jouer la sœur de Joaquin Phoenix dans Gladiator après avoir vu La Reine Margot."Toutes les anecdotes et souvenirs d'Isabelle Adjani sur le tournage de La Reine Margot sont à découvrir dans le nouveau numéro de Vanity Fair, actuellement en kiosques.La bande-annonce de La Reine Margot, sortie en 1994 :