Freaky Vince Vaughn
Capture d'écran

Christopher Landon nous raconte sa nouvelle comédie horrifique, Freaky. Un « body swap movie » prévu pour le 23 décembre.

Dans Freaky, dont le premier trailer vient d’être dévoilé, une lycéenne (Kathryn Newton) et un serial killer (Vince Vaughn) échangent malgré eux leurs corps. Le réalisateur Christopher Landon revient sur la genèse du projet et ses ambitions.

D’où vient l’idée de remettre le « body swap movie » au goût du jour avec Freaky ?
De mon ami scénariste Michael Kennedy, qui allait d’ailleurs l’écrire tout seul. Et puis il a commencé à m’en parler et j’avais des tas d’idées et d’envies. Donc on a rapidement décidé de s’y coller tous les deux. Je trouvais le principe du film si malin qu’il fallait que j’y participe.

Vince Vaughn était une évidence pour jouer un serial killer puis une lycéenne ?
C’était le seul acteur que je voulais. Très peu sont capables d’incarner physiquement un rôle comme celui-ci. J’avais besoin de quelqu’un d’imposant, qui soit convainquant en serial killer, aussi flippant qu’intense. Mais le même acteur devait avoir cette légèreté et cette flexibilité qui lui permettrait de jouer une adolescente. Plus j’y pensais, plus je me disais que c’était le seul qui pourrait y parvenir. Donc j’ai croisé les doigts très fort, en espérant qu’il accepte. J’aurais été bien embêté s’il avait refusé.

Vous avez été convaincu par le grand écart qu’il est capable de faire entre des comédies et des films comme Section 99 ou Traîné sur le bitume ?
Ouais, exactement. Il fout vraiment les jetons quand il veut. Et puis comme Vince n’a pas eu le rôle principal dans une comédie depuis longtemps, ça me faisait plaisir qu’il y revienne. Freaky est en plus très old school, façon années 90-début 2000, ça lui va comme un gant. On se marre vraiment devant le film.

Ce mélange d’horreur et de comédie, vous l’aviez déjà expérimenté avec Happy Birthdead et sa suite Happy Birthdead 2 You.
Oui, le ton est tout à fait similaire. C’est de la comédie horrifique, mais on vise la vraie trouille dans les scènes les plus tendues. C’est une question d’équilibre. Et pour que ça marche, je crois qu’il ne faut jamais perdre de vue les personnages. L’héroïne du film, Millie [incarnée successivement par Kathryn Newton et Vince Vaughn] est une fille très timide. Le genre à toujours tout faire pour les autres, mais jamais pour elle-même. Et donc elle échange malgré elle son corps avec celui d’un serial killer. Elle commence alors à découvrir une force intérieure qu’elle ne soupçonnait pas, et ça la force à évoluer, à se dépasser. 

Comment ça marche sur le tournage ? Comment diriger des acteurs qui se jouent l’un l’autre ?
Quand j’ai casté Kathryn, j’ai tout de suite acheté une caméra et je l’ai filmée un peu partout. On passait la journée ensemble et elle faisait des choses du quotidien, comme commander à manger au restaurant, ranger sa chambre… Et j’ai fait pareil avec Vince Vaughn. Ensuite, je leur ai donné ces vidéos à tous les deux pour qu’il puise s’étudier mutuellement : leur façon de bouger, de marcher, de parler… Et puis on beaucoup répété ensemble, histoire de régler les derniers détails. Au moment où le tournage a commencé, tous les deux étaient très à l’aise dans le corps de l’autre, si je puis dire (Rires.) Je crois qu’en voyant le film, les gens vont être surpris à quel point c’est bien fait.

Et sur le plateau, il arrivait qu’ils se corrigent mutuellement ? Genre : « Non, je ne ferais pas ça comme ça ! »
Non, non ! En fait, ils n’avaient pas tant de scènes que ça ensemble, parce que chaque personnage vit son aventure en parallèle. Ça n’empêche pas qu’ils étaient très proches, mais aucun des deux ne corrigeait l’autre. Ils avaient très bien compris qui étaient leur personnages.

Vous avez décortiqué tous les films de body swap avant de tourner Freaky ?
Alors non, justement. Je ne voulais pas que ça brouille ma vision du truc, que je sois trop influencé par ces films. Après, je ne vais pas vous dire que je n’ai pas une affection particulière pour le cinéma de John Hughes ou de John Carpenter, ce sont des gens qui m’inspirent tout le temps. Donc je les ai toujours dans un coin de la tête, mais j’aime commencer chaque nouveau projet avec des yeux neufs. 

Comment se passe la post-production d’un film en pleine pandémie, alors que vous ne pouvez pas être physiquement au même endroit que vos collaborateurs ?
Ça a été un sacré challenge. Notre chance, c’est d’avoir pu finir le tournage avant tout ça. Après, il fallu monter le film à distance… Heureusement, la technologie est fonctionne, mais certaines choses prennent beaucoup, beaucoup plus de temps. On s’adapte, pas le choix.

Vous avez enchaîné trois comédies horrifiques. Est-ce que vous avez envie d’explorer d’autres genres, peut-être quelque chose de plus politique ? 
Je ne peux pas trop en parler mais j’ai un autre projet avec Jason Blum. C’est une histoire que j’ai écrite il y a un moment déjà, et on travaille dessus. Il y a là-dedans quelque chose d’effectivement plus politique, genre thriller paranoïaque, un peu dans la veine des films d’horreur des années 70. Ça me tente beaucoup d’explorer d’autres choses. Mais j’adore sincèrement la comédie, et je vois les deux Happy Birthdead et Freaky comme une sorte de trilogie.

Freaky, le 23 décembre prochain au cinéma.