Onoda affiche
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Onoda- 10 000 nuits dans la jungle

A celles et ceux qui verraient le cinéma français indécrottablement tourné vers son petit nombril, des signaux viennent parfois ouvrir des horizons. En 2016, Arthur Harari signait ainsi avec Diamant noir un thriller tendu dans le milieu des diamantaires à Anvers. Le cinéaste va ici plus loin. En l’occurrence, sur une île du Pacifique en 1944, remontant le fil d’une aventure hors norme, jusqu’en 1974.

Thomas Baurez
AFFICHE_BLOODY MILKSHAKE
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Bloody Milkshake

La petite Sam a 8 ans quand sa mère Scarlet, tueuse à gages, se voit contrainte de l’abandonner pour la protéger. Suivant ses traces, elle va elle- même devenir une experte dans ce domaine jusqu’à ce qu’elle retrouve face à un dilemme : rester loyale à son employeur, La Firme, ou sauver la vie d’une… petite fille de 8 ans. Son choix de privilégier la deuxième option va alors l’entraîner dans une cavale où elle va voir ressurgir sa mère et recevoir l’aide de ses anciennes associées pour s’en sortir vivantes.

Thierry Chèze
Bonne mère - affiche
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Bonne mère

Ce devait son tout premier long, inspiré par sa maman. Et puis la lenteur du financement l’avait poussé à se lancer dans Tu mérites un amour, pour combler son besoin impérieux de filmer. Bonne mère est donc le deuxième long d’Hafsia Herzi et l’expérience emmagasinée a d’évidence nourri ce projet. Car Hafsia Herzi- réalisatrice monte d’un cran à partir d’un scénario plus carré que Tu mérites un amour mais toujours traversé par ce qui fait sa force : sa capacité à laisser la vie envahir l’écran comme si sa caméra n’existait pas pour ses comédiens (tous insensés).

Thierry Chèze
Affiche_A l'abordage
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A l'abordage

C’est avec le moyen métrage, Un monde sans femmes en 2011 que s’imposait sur grand écran Guillaume Brac en utilisant des motifs (le bord de mer, les vacances, les rencontres amoureuses...) qui le plaçaient d’emblée sur un territoire bien spécifique du cinéma d’auteur français dont Jacques Rozier et Eric Rohmer seraient les totems. A l’abordage séduit immédiatement par sa fraîcheur. Pas de name dropping ici, que des nouvelles têtes (toutes issues du Conservatoire). Dans un cinéma français ultra cartographié, les terres vierges sont trop peu nombreuses.

Thomas Baurez
Spirale nouvelle affiche
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Spirale : l'héritage de Saw

Il y a plusieurs mois, les fans de la franchise torture porn imaginée par James Wan et Leigh Whannell furent un peu surpris quand ils découvrirent que Chris Rock allait développer un spin-off de la série. Depuis des années, Saw semblait aux abois, et qu’un comique reprenne le flambeau n’était pas forcément fait pour rassurer. En même temps, qu’est-ce qui définit mieux la série que les plot-twists ?

Gael Golhen
Titane affiche
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Titane

Cinq ans après Grave et son buzz planétaire débuté à la Semaine de la Critique au nez et à la barbe de la sélection officielle, Julia Ducournau vise désormais la Palme. Cela ne veut pas dire qu’elle a rhabillé pour autant son cinéma de beaux atours propres à séduire un public déguisé pour l’occasion. On le sait, sur la croisette, les irruptions fantastiques clivent plus qu’elles ne rassemblent.

Thomas Baurez
Fast & Furious 9 affiche française
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Fast & Furious 9

On l'attendait beaucoup, sans aucune ironie ni mesquinerie. Quoi de mal, après plus d'un an de pandémie à s'exciter à l'idée de s'installer dans un grand cinéma avec tout le pop corn que nous permettent les règles sanitaires pour voir la bande à Baboulinet ravager la planète en voitures tunées ? Au début, on est presque satisfaits : Fast & Furious 9 s'ouvre sur une séquence flash-back de course de stock car, shootée avec Le Mans 66 en guise de référence visuelle. De vraies tôles, de vraies flammes, un vrai feeling de cinéma charnel, physique (et métallique).

Sylvestre Picard
Bergman Island
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Bergman Island

Un couple de cinéastes, Chris et Tony (Tim Roth, dans un registre dépouillé où il excelle) qui s’installe pour écrire sur l’île de Fårö, où vécut Bergman… Avec son film le plus autobiographique, Mia Hansen-Løve n’a pas eu peur des obstacles : traiter d’un sujet possiblement excluant (on connaît la difficulté des films sur le cinéma à trouver leur public) ou se confronter au maestro suédois. Pourtant rien de tout cela et encore moins les aléas d’une production agitée (lire page XX) ne transparaît à l’écran.

Thierry Chèze
Désigné coupable (2021)
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Désigné coupable

Parce qu’il a reçu sur son portable un appel d’un cousin (l’un des organisateurs du 11 Septembre), un jeune mauritanien est enlevé par le FBI, torturé et emprisonné à Guantanamo sans inculpation ni procès. Lorsque l’Etat américain décide de l’envoyer sur la chaise électrique, une avocate chevronnée, Nancy Hollander, choisit de prendre sa défense en main. Inspiré de l’histoire vraie de Mohamedou Ould Slahi, Désigné coupable est un thriller juridique à l’ancienne qui rappelle tous les classiques du genre.

Gael Golhen
Affiche_Journal de Tûoa
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Journal de Tûoa

Vingt-deux jours à rebours dans la vie d’un film, où la fiction s’étiole peu à peu pour laisser entrer le réel du tournage. En temps de pandémie de Covid-19 (nous sommes ici à l’été 2020), les questions sanitaires se posent. Ainsi à mi-film, ce sont les masques posés sur le visage des techniciens qui viennent nous rappeler qu’en ces temps troubles, faire du cinéma, c’est aussi ça. Les cinéastes, Miguel Gomes et Maureen Fazendeiro, sont vaguement là, laissant souvent les clefs du film à ses trois interprètes dubitatifs.

Thomas Baurez
AFFICHE
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Ainbo, princesse d'Amazonie

Devenu sujet à la mode, l'écologie sert de plus en plus souvent d'alibi de film en manque de consistance. Tout le contraire de ce long métrage d'animation inspiré à son co- réalisateur José Zelada par sa propre enfance au coeur de l'Amazonie. Que la défense du poumon de la Terre menacé depuis des années par le réchauffement climatique et la déforestation se retrouve au coeur de ce récit riche en péripéties n'a donc rien d'artificiel.

Thierry Chèze
AFFICHE
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Helmut Newton, l'effronté

La vie et l'oeuvre du célèbre photographe Helmut Newton, disparu en 2004, voici ce que propose ce documentaire qui a hélas tendance à succomber dans tous les pièges du genre, à l'image du récent Pierre Cardin réalisé par P. David Ebersole et Todd Hughes. A commencer par un penchant naturel pour une hagiographie qui forcément n'embrasse qu'une partie de l'homme et de l'artiste.

Thierry Chèze
Affiche L'oubli que nous serons
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L'oubli que nous serons

Fernando Trueba (Belle époque) porte à l'écran son livre de chevet, le portrait - écrit par son fils comme une lettre d'amour - du docteur Héctor Abad Gomez. Un père de famille adoré de ses six enfants et un héros du quotidien colombien, médecin humaniste et engagé qui, faisant fi des menaces pesant sur lui dans la ville de Medellín, gangrénée par la violence des politiques et des narco-trafiquants dans les années 70 et 80, n'a jamais faibli dans sa lutte contre la misère.

Thierry Chèze
Affiche L'oubli que nous serons
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L'oubli que nous serons

Fernando Trueba (Belle époque) porte à l'écran son livre de chevet, le portrait - écrit par son fils comme une lettre d'amour - du docteur Héctor Abad Gomez. Un père de famille adoré de ses six enfants et un héros du quotidien colombien, médecin humaniste et engagé qui, faisant fi des menaces pesant sur lui dans la ville de Medellín, gangrénée par la violence des politiques et des narco-trafiquants dans les années 70 et 80, n'a jamais faibli dans sa lutte contre la misère.

Thierry Chèze
Affiche Black Widow
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Black widow

Depuis le sommet Avengers en 2012, le plaisir pris devant les "petits" Marvel (en gros, les deux Ant-Man) autorisait une théorie : et si c'était dans les films mineurs du MCU, les entre-deux, que la Formule Marvel marchait le mieux ? Avec la modestie qui correspondrait à ce qu'ils devraient êytre absolument : comme des comic book movies 90s faits avec métier, sans autre prétention que de nous divertir pendant les longs étés du passé.

Sylvestre Picard
Annette affiche
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Annette

Voilà un réalisateur clivant. Porté aux nues par les uns prêts à le suivre les yeux fermés dans les voyages singuliers qu'il propose à chaque fois. Raillé par ceux qui voient en lui le symbole du cinéma d'auteur enfermé sur lui- même et regardant les spectateurs de haut. Et nous alors ? Disons que côté Carax, on se situerait plutôt à l'extrême- centre. Fascinés par son surgissement inouï au coeur des années 80 avec Boy meets girl. Perplexes devant ses tentatives de burlesque avec son court Merde, Et toujours pas réveillés du pensum Pola X.

Thierry Chèze
AFFICHE
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Les Croods 2: une nouvelle ère

Huit ans après le premier volet signé Chris Sanders et Kirk De Micco, les Croods reviennent et ont besoin d’un nouveau logement. La petite troupe préhistorique tombe sur un coin de paradis entouré de murs, où vit déjà une autre famille, les Bettermans, un cran au-dessus sur l’échelle de l’évolution. Ce petit scénario prétexte permet de confronter deux mondes que tout oppose (grossièrement, de prétendus beaufs et des CSP+ bon chic bon genre).

François Léger
Benedetta
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Benedetta

Il y a quelque chose de Luis Bunuel dans le parcours de Paul Verhoeven. Pas seulement à cause de son goût de la provoc, de sa volonté jamais rassasiée de choquer le bourgeois, mais aussi pour sa facilité à se mouvoir d’une industrie cinématographique à l’autre, d’une époque à l’autre, d’un style à l’autre, sans jamais perdre son identité en chemin. Bunuel aura été tour à tour avant-gardiste parisien dans les années 20, réalisateur de mélos dans le Mexique de l’après-guerre, auteur révéré dirigeant les plus grandes stars françaises des années 60-70 ?

Frédéric Foubert
Affiche_Comment je suis devenu super-héros
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Comment je suis devenu super- héros

Pour son premier long métrage, Douglas Attal s’attaque à Marvel et consorts, mais a l’intelligence de ne pas le faire frontalement, préférant sans doute la maitrise du terrain et cela fonctionne pas si mal. L’action se situe dans un futur proche où les supers pouvoirs sont banalisés. Deux flics (Pio Marmaï  et Vimala Pons) enquêtent sur une drogue qui en procure à ceux qui en sont naturellement dépourvus.

Nicolas Bellet
Affiche_Comment je suis devenu super-héros
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Comment je suis devenu super- héros

Pour son premier long métrage, Douglas Attal s’attaque à Marvel et consorts, mais a l’intelligence de ne pas le faire frontalement, préférant sans doute la maitrise du terrain et cela fonctionne pas si mal. L’action se situe dans un futur proche où les supers pouvoirs sont banalisés. Deux flics (Pio Marmaï  et Vimala Pons) enquêtent sur une drogue qui en procure à ceux qui en sont naturellement dépourvus.

Nicolas Bellet
Affiche_Comment je suis devenu super-héros
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Pour son premier long métrage, Douglas Attal s’attaque à Marvel et consorts, mais a l’intelligence de ne pas le faire frontalement, préférant sans doute la maitrise du terrain et cela fonctionne pas si mal. L’action se situe dans un futur proche où les supers pouvoirs sont banalisés. Deux flics (Pio Marmaï  et Vimala Pons) enquêtent sur une drogue qui en procure à ceux qui en sont naturellement dépourvus.

Nicolas Bellet
AFFICHE
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Kuessipan

Sorti en 2011, le livre éponyme de Naomi Fontaine romançait sa vie de jeune femme innue -du nom d’un peuple indien du Québec. Une évocation plutôt qu’une histoire qu’il a fallu retravailler pour aboutir au film. On y suit deux adolescentes inséparables, Mikuan et Shaniss, aux trajectoires opposées : la première rêve d’émancipation (elle écrit et veut aller à la grande ville pour étudier) quand la seconde est déjà mère et compagne d’un mauvais garçon.

Christophe Narbonne
AFFICHE
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Je voulais me cacher

Giorgio Diritti aime explorer le passé trouble de l’Italie. Après L’homme qui viendra sur le massacre de Marzabotto pendant la seconde guerre mondiale, le cinéaste met ici en lumière le parcours du peintre Antonio Ligabue, un homme qui a vécu toute sa vie, rejeté de tous, incompris, interné pour troubles mentaux. Qu’il est difficile de filmer la peinture ! C’est sûrement la raison pour laquelle Diritti met plus en avant la souffrance de l’homme – dans des scènes qui tirent parfois en longueur- que la magnificence des tableaux de l’artiste et de son travail de la matière.

Sophie Benamon
Moffie - affiche française
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Moffie

Voyage au bout de l’enfer pourrait être le sous- titre du nouveau Oliver Hermanus (lauréat de la Queer Palm 2011 avec Beauty). L’enfer vécu par Nicholas un ado, forcé comme les blancs sud- africains de son âge dans les années 80, à accomplir un service militaire de deux ans puis envoyé sur le front au sud de l’Angola pour défendre l’apartheid. Moffie est un récit initiatique à marche forcée entre brimades, insultes, humiliations où règnent en maître un racisme et une homophobie brandies en étendard dans un processus terrible de déshumanisation.

Thierry Chèze
AFFICHE
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La Saveur des coings

On avait découvert le binôme bulgare, Kristina Grozeva et Petar Valchanov en 2016 avec leur tragi-comédie Glory, satire de la société déboussolée de leur pays. Le héros se retrouvait déjà en butte à un héritage paternel encombrant. Bis répétita avec La Saveur des coings. Le personnage principal, Pavel, doit, lui, composer avec les humeurs et les égarements de son vieux père, traumatisé par la mort récente de sa femme.

Thomas Baurez
AFFICHE
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Fisherman's friends

Au départ, il y a une histoire vraie. Celle des Fisherman’s friends, un groupe de pêcheurs de Cornouailles qui, découvert par un animateur de la BBC en vacances dans le coin, s’est retrouvé produit par Universal à truster les sommets des charts avec leur album de chansons de marins.

Thierry Chèze
My Zoe affiche
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My Zoé

Dans Two days in Paris et Two days in New- York, Julie Delpy a raconté des couples tentant de se maintenir unis en dépit des embûches placées sur leur route. My Zoe apparaît au départ comme le pendant dramatique de ces irrésistibles comédies.

Thierry Chèze
Affiche_Solo
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Solo

Fiction ou documentaire ? On se pose d’emblée la question dans ce film qui raconte le combat acharné d’un pianiste virtuose argentin contre une agoraphobie dévastatrice qui l’empêche de pratiquer sa son art en public. L’image est particulièrement travaillée, les cadres extrêmement soignés. On pense donc reconstitution quand pourtant tout n’est ici que captation de la réalité, conduite avec une pudeur de chaque instant, sans une once de voyeurisme, en dépit des situations rudes rencontrées.

Thierry Chèze
AFFICHE
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Pierre Lapin 2: panique en ville

« L’adorable petit rongeur espiègle créé par Beatrix Potter est le héros d’une fable aussi impolie qu’hilarante » écrivait Première à propos de Pierre Lapin, les aventures de ce cousin de Paddington placées sous le signe de la loufoquerie et du second degré. Autant de notions en berne dans cette suite où Béa, Thomas et la bande de lapins forment désormais une famille recomposée. Tout le scénario gravite ici autour d’un méchant éditeur londonien qui voudrait trahir les romans graphiques inspirées à la gentille Béa par les fameux lapins pour doper les ventes.

Thierry Chèze
Affiche_Midnight Traveler
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Midnight traveler

Tout commence en 2015. Le réalisateur afghan Hassan Fazili signe Peace in Aghanistan, le portrait d’un commandant taliban qui a choisi d’arrêter de rendre les armes. Une provocation pour ses anciens camarades. Peu après sa diffusion télé, ce gradé est assassiné et la tête de Fazili mise à prix. Pour survivre, une seule option : fuir son pays avec sa femme cinéaste (Fatima Hussaini) et leurs deux enfants. Midnight traveler raconte ce périple de trois ans vers l’Europe occidentale.

Thierry Chèze