furia
Monster Scripted

La montée de l'identitarisme et des extrémismes en Europe sert de canevas glaçant à ce thriller norvégien d'une redoutable efficacité.

Elle n'y va pas avec le dos de la cuillière ! Pour parler de la montée de l'extrémisme identitaire face à la crise migratoire, Furia avance avec ses gros sabots. Mais la série norvégienne - présentée à Séries Mania en compétition officielle - a le grand mérite de jouer sa carte à fond. D'une efficacité indéniable.

On nous emmène dans un petit village scandinave, au bord d'un Fjord, qui accueille un centre d'accueil pour migrants, régulièrement vandalisé. Cette fois, quelqu'un a même essayé d'y mettre le feu. Alors Asgeir, ancien flic d'élite vivant désormais sous le programme de protection des témoins, va mener l'enquête. Fraîchement intégré au commissariat du coin, il se retrouve sur la piste d'une terrifiante cellule terroriste d’extrême droite, surveillée de près par les services de renseignements...



On a tous encore en mémoire l'indicible attentat de 2011, à Oslo et Utøya, qui fit 77 victimes. Anders Behring Breivik demeure dans l'inconscient collectif mondial - et a fortiori scandinave - un traumatisme qui a manifestement nourri l'écriture de Furia. D'autant qu'une décennie plus tard, le climat n'est guère plus serein. L'implantation des extrémismes politiques un peu partout en Europe, et plus encore d'une certaine idéologie xénophobe, sert de terreau inquiétant à cette série pleinement d'actualité. Un décorum sombre, qui tranche avec les paysages angéliques de ce Fjord à l'ouest de la Norvège.

Dans ce cadre tout en contradiction, Furia prend le parti du thriller total et assumé. L'intrigue politique sert de point de départ à une enquête haletante, menée tambour battant, où les rebondissements s'enchaînent à une vitesse folle. Maniant le suspense avec une habileté certaine, la réalisation ne se pose pas de question et impose un rythme qui claque. Parfois sans grande subtilité, mais d'une intensité réjouissante.

Furia, pas de diffuseur en France pour le moment.
 

A lire aussi sur Première

Dr Death soigne Joshua Jackson (critique)

Insaisissable chirurgien de la mort, l'ancien beau gosse de Dawson donne toute sa force à ce « true crime drama » qui traîne un peu en longueur.

Anna, à voir absolument et dès maintenant sur Arte.TV (critique)

Deux mois avant sa diffusion sur Arte, la série nouvelle série du créateur d'Il Miracolo, intense conte dark sur l'enfance et la fin de l'innocence, est disponible en streaming.