SNC/MK2
Société Nouvelle de Cinématographie
Columbia Pictures
MK2
Société Nouvelle de Cinématographie
Compagnie française de distribution cinématographique
CIC
Valoria Films
Albina Production
LCJ Éditions et Productions
Les Films Ariane

SISSI

Sissi : son premier rôle, dont l'image lui collera à la peau pendant toute sa carrière. Au départ, <Romy Schneider n'a pas l'ambition de devenir actrice. C'est Magda Schneider, sa mère, elle-même actrice (notamment dans Liebelei, de Max Ophüls), qui l'y poussera. Romy devient alors l'impératrice Élisabeth de Bavière, alias Sissi. Le film remporte un grand succès, en partie parce qu'il renoue avec le faste de l'ex-Prusse, délaissant ainsi les sombres heures de l'Allemagne nazie. Sissi donne à rêver, et Romy Schneider est ravissante dans son rôle. Le public en redemande : l'actrice jouera dans deux suites (Sissi impératrice, en 1956, puis Sissi face à son destin en 1957). Mais lassée par l'image lisse de la princesse qui ne lui correspond pas, Romy se met son entourage à dos en refusant de tourner un quatrième film. Elle veut désormais aller voir ailleurs, en quête de nouvelles propositions.

LE CARDINAL

Les superproductions sont rares dans la carrière de l'actrice, mais Le Cardinal est une oeuvre sublime et tragique qui raconte le parcours moral compliqué d'un ecclésiastique dans des temps troublés. Schneider, toute de résignation fière et pathétique, incarne Anne-Marie, amante virtuelle (c'est un prêtre) compromise par dépit amoureux plus que par illusion dans le naufrage du nazisme. Elle ne recouvrera la lucidité que devant la mort. Le film, d'une complexité et d'une beauté formelle stupéfiantes (un des plus beaux génériques de l'histoire du cinéma) est habité par des comédiens d'exception. Schneider n'a qu'un très court rôle, mais elle n'a jamais été plus belle ni plus émouvante. A redécouvrir d'urgence.

L'ENFER

Il y a fort à parier que si le film avait été achevé, il aurait été un véritable chef d'oeuvre. Du moins, c'est ce que peuvent laisser supposer les images qui ont été sauvées d'un tournage qui s'est révélé cauchemardesque. Pour ce véritable projet fou, le cinéaste Henri-Georges Clouzot disposait d'un budget illimité, et avait convoqué Romy Schneider et Serge Reggiani pour les rôles principaux. Les bobines de ce film maudit ont été retrouvées et font aujourd'hui l'objet d'un documentaire, en salles ce 11 novembre. A l'origine, le film devait raconter l'histoire d'un homme souffrant d'une jalousie maladive à l'égard de sa femme. Lorsque sa folie paranoïaque le prend, sa perception de la réalité en est déformée. En hommage à ce projet inachevé, Claude Chabrol réalisera en 1994 un film du même nom, avec Emmanuelle Béart et François Cluzet.

LA PISCINE

Dans les années 60, Romy Schneider embrasse une carrière internationale, et est réclamée des plus grands réalisateurs. Elle s'envole pour l'Amérique qui lui fait les yeux doux, et se retrouve alors engagée auprès de la Columbia pour un contrat de sept films. Durant cette parenthèse américaine, Romy n'obtient pas de rôle à sa mesure, et envisage de retourner en France. C'est Alain Delon qui insiste auprès des producteurs pour qu'elle devienne sa partenaire dans La Piscine, huis clos solaire sur fond de rivalités amoureuses. Et c'est clairement ce film qui fait revenir l'actrice au premier plan. Bénéficiant de son duo mythique, plus glamour, tu meurs ! La Piscine connaît un grand succès et est distribué dans le monde entier. Delon</strong> et Schneider y forment un couple a priori sans problème dont les failles apparaissent lorsqu'un ancien amant de la jeune femme (Maurice Ronet) refait surface en compagnie de sa fille (Jane Birkin).

LES CHOSES DE LA VIE

Avec La Piscine, Romy Schneider a définitivement posé ses valises en France, et le public s'est entiché d'elle. Et côté cinéma, l'actrice séduit Claude Sautet, qui est venu à plusieurs reprises l'observer sur le tournage de La Piscine. Dès lors, le réalisateur lui propose un rôle aux côtés de Michel Piccoli dans Les Choses de la vie. Piccoli y incarne un homme qui refuse de faire des choix, refusant aussi bien de délaisser son amante (Romy) que sa femme (Léa Massari). A l'écran, le couple formé par Schneider et Piccoli est alchimique : pour les deux interprètes, c'est le début d'une grande complicité. Piccoli restera jusqu'à sa mort l'un de ses confidents les plus proches. Les Choses de la vie, c'est également le début d'une longue collaboration entre Sautet et Schneider (cinq films).

CESAR ET ROSALIE

C'est sans doute l'un de ses meilleurs rôles. En tout cas, certainement le plus populaire. Le postulat semble des Choses de la vie, mais inversée. Cette fois, c'est Romy Schneider qui est le pivot, la figure centrale du film. Elle y incarne Rosalie, une femme tiraillée entre deux hommes, joués par Yves Montand et Sami Frey. Mais elle n'aura pas à faire de choix puisque les deux rivaux vont par amour accepter de « jouer le jeu », jusqu'à devenir sincèrement amis. Le film bénéficie d'une superbe interprétation, notamment celle de Montand, qui brille en jaloux à la fois fier et vulnérable. Pour Romy Schneider, si la décennie 70 ne se résume pas à Sautet, l'influence de ce dernier sur sa carrière est immense. C'est grâce à lui qu'elle devient une actrice authentiquement populaire.

LUDWIG, LE CREPUSCULE DES DIEUX

Les années 70 sont décidément très riches pour l'actrice, qui devient l'une des figures fétiches du cinéma populaire de qualité. Mais parallèlement, Romy Schneider continue de tourner dans du grand cinéma d'auteur. Elle avait déjà tourné pour Welles, Preminger et Clouzot durant la décennie 1960. En 1973, elle joue dans Ludwig, le crépuscule des dieux, sous la direction de Luchino Visconti. Celui qui a été son mentor au début de sa carrière. En 1961, Visconti l'avait dirigée au théâtre dans Dommage qu'elle soit une putain, et lui avait fait travailler son français sans relâche. Avec Ludwig, Visconti permet à Romy Schneider d'incarner de nouveau Élisabeth de Bavière. Un clin d'oil évident à Sissi. Sauf qu'elle en fait cette fois une femme autoritaire, loin de la Sissi tout sourire des débuts. Pour Romy, c'est un moyen de tourner définitivement la page.

L'IMPORTANT C'EST D'AIMER

En 1974, le cinéaste polonais Andrzej Zulawski l'engage pour le rôle principal de L'important c'est d'aimer, dans lequel elle partage l'affiche avec Fabio Testi et Jacques Dutronc. L'actrice y incarne une actrice ratée attirée par l'autodestruction. Interdit aux moins de 16 ans, le film se révèle particulièrement éprouvant. Romy Schneider voit dans ce rôle l'occasion de casser son image de « belle plante » en livrant une interprétation dramatique bouleversante. Une prise de risque dans sa carrière qui sera récompensée par le César de la meilleure actrice en 1976. La récompense suprême pour une interprète française, et donc une consécration pour l'actrice. Pour cette raison, le film occupe une grande place dans sa filmographie. Mais aussi parce que le rôle prend une résonance très personnelle, Romy ayant cette même propension au malheur.

LE VIEUX FUSIL

L'un de ses plus gros succès. Si elle n'y tient qu'un rôle finalement assez secondaire (en partie pensé par Claude Sautet), Le Vieux Fusil est considéré comme l'incarnation de ce « cinéma populaire de qualité » qui a rendu Romy Schneider si proche du public. Elle forme à l'écran un couple avec Philippe Noiret, médecin de guerre dévastée par la mort de sa femme et de sa fille pendant la Seconde Guerre Mondiale. S'inspirant de la tragédie d'Oradour-sur-Glane, le film stigmatise la barbarie des méthodes nazies. Noiret se remémore alors des moments clé de sa vie en compagnie de sa femme (Schneider). Inconsolable, il prépare une vengeance sanglante. C'est ce que dit le film : le recours à la violence ne fait qu'engendrer la violence. Cette coproduction franco-allemande est un succès critique et public, César du Meilleur Film en 1975.

GARDE A VUE

La suite de sa carrière, Romy Schneider la poursuit avec des réalisateurs de renom : Sautet (Une Histoire simple, pour lequel elle reçoit son deuxième César), Costa-Gavras et Tavernier. En 1981, elle tourne avec Claude Miller(La Meilleure façon de marcher) dans un film policier, Garde à vue. Après avoir donné la réplique à Piccoli, Delon et Noiret,Romy Schneider se mesure à Lino Ventura et <Michel Serrault, deux autres grandes pointures du cinéma français. Ce qui achève d'en faire une figure centrale du cinéma hexagonal. L'actrice y incarne Chantal Martinaud, femme d'un notaire (Serrault) placé en garde à vue : l'homme est suspecté du meurtre d'une fillette. Le film rencontre les faveurs du public et de la critique : César du Meilleur scénario pour Claude Miller, tandis que Michel Serrault et <Guy Marchand reçoivent respectivement le César du premier et du second rôle masculins. Ce film marque l'avant-dernière apparition de Romy Schneider au cinéma. La Passante du Sans-Souci, son dernier film, sortira l'année d'après.

Hommage télévisé ce soir avec la programmation des Choses de la vie dans le cadre de Place au cinéma de Dominique Besnehard, à 20h50 sur France 5.

Ce soir, France 5 rediffusera Les Choses de la vie, classique de Claude Sautet porté par Romy Schneider et Michel Piccoli. L'occasion idéale de se plonger dans la belle filmographie de l'actrice.

Lorsque le 28 mai 1982, Romy Schneider disparaît tragiquement à l’âge de 43 ans, c’est tout le monde du cinéma qui se retrouve en deuil. Si Romy a toujours su dissimuler ses maux intérieurs, en donnant l’image d’une femme rayonnante et épanouie, derrière ses sourires se cachait une douleur, un mal être qu’elle n’arrivera jamais à surmonter. Si les causes de sa mort n’ont jamais clairement été éclairées, deux tragédies expliqueront en partie ce désespoir : le suicide de son premier mari en 1979, et deux ans plus tard la mort de son fils de 14 ans, David. Romy décède l’année suivante. Le cinéma français perd alors l’une de ses comédiennes les plus talentueuses, mais aussi l’une des plus appréciées.

L’Enfer d’Henri-Georges Clouzot à ne pas manquer en replay sur Arte +7

Un détail intéressant : en 1964, elle reçoit des mains de Michèle Morgan le prix de la « Victoire du cinéma français ». En 1976, elle concourt pour le César de la meilleure actrice française. Et en est couronnée, pour sa prestation intense dans L’important, c’est d’aimer, d’Andrzej Zulawski. Le cinéma français a adopté l’Autrichienne, qui devient l’actrice chérie du public. Dans la continuité de notre rétrospective sur les stars mythiques du cinéma français – Catherine Deneuve, puis Brigitte Bardot – et à l’occasion de la sortie du documentaire inédit sur L’Enfer, projet fou d’Henri-Georges Clouzot, revenons sur la filmographie de Romy Schneider. Une carrière assurément trop courte, mais qui a marqué toute une époque, alternant collaborations avec les plus grands réalisateurs internationaux (Luchino Visconti, Orson Welles) et cinéma populaire français.
Par Étienne Bouche

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