Burt Lancaster dans Fureur Apache
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Cine + Classic diffuse ce western seventies de Robert Aldrich hanté par l’imposante figure de Burt Lancaster.

Le dur à cuire Burt Lancaster et l’iconoclaste Robert Aldrich ont fait quatre films ensemble : Bronco Apache (1954), Vera Cruz (1954), Fureur Apache (1972) et L’ultimatum des trois mercenaires (1977) Lorsqu’ils se retrouvent dans les seventies pour le western Fureur Apache, Aldrich dans la dèche remplace au pied levé Sam Peckinpah. Ce film est le parfait contre-type de Bronco Apache. Jadis indien solitaire en guerre contre l’homme blanc, Lancaster, change son fusil d’épaule et traque un chef indien sanguinaire. Fatigué, revenu de tout, son personnage qui avance vers une mort certaine, reste à peu près droit jusqu’au bout. Parabole de la guerre du Vietnam alors en cours, ce western ultra-violent fut un échec public.

BOB LE FRANC-TIREUR

Cinéaste anti-système Aldrich (1918 - 1983), s’est toujours fait une joie d’offrir à l’industrie du « rêve », des portraits au vitriol.  Du Grand couteau en passant par Qu’est-il arrivé à Baby Jane ? jusqu’à Faut-il tuer Sister George ?, le cynique cinéaste dézingue un milieu qu’il regarde à distance. Aldrich n’est de toute façon par le genre à faire dans la dentelle. Que ses héros fassent la guerre (Attaque, Les douze salopards…), chassent l’indien (Fureur Apache donc…), s’adonnent au catch (Deux filles au tapis) ou traversent le Jourdain (Sodome et Gomorrhe), la violence, inéluctable, est partout. A l’image, cela se traduit par une mise en scène volontiers brutale où les plans semblent « envoyés à l’écran à la truelle. » Ce qui dans la bouche de Chabrol, son plus grand fan, est évidemment un compliment.

GROS BOB

Mais s’il ne fallait retenir qu’un film de Robert Aldrich, ce serait sans aucun doute, En quatrième vitesse, film noir d’une brutalité et d’une modernité qui affolèrent à sa sorite la critique française. A l’écoute des louanges, Aldrich fit l’étonné. Il se découvrit même des intentions d’auteur insoupçonnées. A l’image d’Howard Hawks son modèle, Aldrich aura toujours refusé la posture de l’intellectuel et ne croyait qu’aux vertus de l’action. Né dans une richissime famille qui se foutait pas mal du septième art, « Gros Bob » - surnom donné par Chabrol – commença en bas de l’échelle hollywoodienne avant de se lancer. Deux westerns : le pro-indien Bronco Apache et le trépident Vera Cruz, affichèrent les bonnes couleurs dès 1954. Sûr de lui et en délicatesse avec les pontes des grands studios, le cinéaste devient vite son propre producteur.

Fureur Apache de Robert Aldrich, jeudi 26 mars à 13h30 sur Ciné + Classic.

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