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Ce soir à la télévision : Michel Hazanavicius fait le remake d'un classique hollywoodien, Dreamworks entre dans la cour des grands face à Pixar et Joseph Gordon-Levitt passe derrière la caméra et se filme en addict du porno.

The Search de Michel Hazanavicius

Le film se passe pendant la seconde guerre de Tchétchénie, en 1999. Il raconte, à échelle humaine, quatre destins que la guerre va amener à se croiser. Après l’assassinat de ses parents dans son village, un petit garçon fuit, rejoignant le flot des réfugiés. Il rencontre Carole, chargée de mission pour l’Union Européenne. Avec elle, il va doucement revenir à la vie. Parallèlement, Raïssa, sa grande sœur, le recherche activement parmi des civils en exode. De son côté, Kolia, jeune Russe de 20 ans, est enrôlé dans l’armée. Il va petit à petit basculer dans le quotidien de la guerre.

Après le succès planétaire de The Artist, le prix d'interprétation cannois et son Oscar du meilleur réalisateur, Michel Hazanavicius changeait radicalement de registre avec The Search, fresque de guerre et adaptation modernisée des Anges brûlés de Fred Zinnemann. Présenté en compétition à Cannes, The Search fut accueilli assez froidement avant de connaître un échec cuisant en salles. Un destin somme toute peu mérité pour un film avec lequel Michel Hazanavicius a tenté de se renouveler comme l'expliquait Première à l'époque : "C’est de la "recherche", littéralement, un laboratoire où le réalisateur se demande à quoi ressemblerait son cinéma une fois débarrassé des références pop, du goût du pastiche et de l’ironie. À un mélo historique ? Une fresque guerrière ? Un brûlot édifiant ? Le risque que prend "The Search", c’est de n’exister qu’en creux, dans les pistes qu’il explore et les questions qu’il laisse en suspens. Ça ne veut pas dire qu’il n’est pas parsemé d’extraordinaires moments de cinéma, dus pour la plupart au petit Abdul Khalim Mamatsuiev, fulgurante silhouette mutique et chaplinienne. Chez Hazanavicius, le muet n’est jamais loin… On pourra reprocher ce qu’on veut à sa filmographie mais certainement pas de manquer de cohérence ni de panache".

The Search est diffusé ce soir à 20h55 sur Canal+.

Fourmiz d'Eric Darnell et Tim Johnson

Z-4195, fourmi ouvrière, est amoureux de la belle princesse Bala. Simple numéro parmi les milliards composant sa colonie il n’a aucune chance d’attirer le regard de la belle. Pourtant il demande l’aide de son meilleur ami, la fourmi soldat Weaver, afin d’approcher l’élue de son cœur. C’est ainsi que par un caprice du hasard, il parasite involontairement le plan machiavélique de l’ambitieux général Mandibule qui veut tout bonnement liquider la colonie afin de la recréer a son image. Z se retrouve bientôt a la tête d’une révolution.

En 1998, le monde de l'animation accueillait un nouveau concurrent de poids en la personne de Dreamworks Animation, qui signait là son premier long-métrage en images de synthèse (quelques mois après Le prince d'Égypte, premier dessin animé en 2D de Dreamworks). Et pour le coup, la branche animation du studio de Jeffrey Katzenberg n'y est pas allé de main morte en s'attaquant frontalement à la référence du milieu, Pixar. Fourmiz est en effet développé en même temps que le projet concurrent du studio de Toy Story, 1001 pattes, situé lui aussi dans le monde des insectes. Produit dans un contexte très tendu, marqué par la rivalité public entre Jeffrey Katzenberg et le tandem John Lasseter/Steve Jobs, Fourmiz sort en novembre 1998 en France, quatre mois avant 1001 pattes. Malgré un casting vocal cinq étoiles (Woody Allen, Sylvester Stallone, Sharon Stone, Jennifer Lopez, Gene Hackman...), Fourmiz sortira perdant du duel à distance en réalisant deux fois moins d'entrées que son concurrent, en partie à cause de son ton un peu plus mature et adulte, qui en fait une alternative au film de Pixar.

Fourmiz est diffusé ce soir à 20h50 sur Gulli.

Don Jon de Joseph Gordon-Levitt

Jon Martello est un beau mec que ses amis ont surnommé Don Jon en raison de son talent à séduire une nouvelle fille chaque week-end. Mais pour lui, même les rencontres les plus excitantes ne valent pas les moments solitaires qu’il passe devant son ordinateur à regarder des films pornographiques.Barbara Sugarman est une jeune femme lumineuse, nourrie aux comédies romantiques hollywoodiennes, bien décidée à trouver son Prince Charmant.Leur rencontre est un choc, une explosion dans la vie de chacun. Bourrés d’illusions et d’idées reçues sur le sexe opposé, Jon et Barbara vont devoir laisser tomber leurs fantasmes s’ils veulent avoir une chance de vivre enfin une vraie relation.

En 2013, Joseph Gordon-Levitt rejoint le cercle des acteurs hollywoodiens à s'être essayés à la réalisation avec Don Jon, qu'il co-écrit en plus d'en tenir le rôle principal. Un projet hautement personnel donc, dans lequel l'acteur s'amuse à incarner un obsédé du porno qui tombe amoureux d'une femme au physique de rêve et au caractère nettement plus fleur bleue que le sien, incarnée par Scarlett Johansson. Le résultat est un film osé et qui marque un coup d'essai dans l'ensemble réussi selon Première : "On ne pourra pas reprocher à Joseph Gordon-Levitt d’avoir été frileux pour son passage derrière la caméra. Celui que l’on sait touche-à-tout n’hésite pas à se lancer dans une comédie sexuelle débridée sur l’influence du fantasme dans nos vies. Usant à plein régime des stéréotypes de la masculinité et de la féminité qu’il tend à dénoncer, ce long métrage laisse au départ un peu perplexe. Difficile de savoir si ce Shame façon MTV tient de l’art ou du cochon. Pourtant, à mesure que l’acteur sauve son personnage du démon qui l’habite, le film gagne en douceur et en élégance".

Don Jon est diffusé ce soir à 20h40 sur OCS City.