Tootsie
Columbia Pictures

La savoureuse composition de Dustin Hoffman devant la caméra de Sydney Pollack est à l’honneur ce soir de « Place au cinéma » sur France 5, présenté par Dominique Besnehard.

A l’origine, une pièce de théâtre

Tootsie met en scène un acteur qui, vivant mal son déclin, décide de se créer une nouvelle personnalité : Dorothy Michaels, une femme à la forte personnalité. Pour le meilleur : il décroche un rôle dans une série télé et devient très populaire. Et pour le pire : avec son travestissement, bien difficile d’avouer à sa partenaire qui a fait de lui sa confidente… son amour pour elle. Si Sydney Pollack porte à l’écran cette histoire en 1982, son origine remonte aux années 70 à If I lie to you ?, une pièce de théâtre écrite par Don McGuire autour d’un acteur au chômage qui se travestit pour avoir du boulot. Le comédien Buddy Hackett (Un amour de coccinelle) la découvre sur scène et va chercher à ce qu’elle devienne un film pour en tenir le rôle de l’agent du rôle principal. Il en parle alors à Charles Evans, le frère de Robert (le producteur du Parrain), qui vient de décider de passer de la mode où il bossait au cinéma. Evans décide alors de prendre une option sur les droits en co- écrit lui- même une adaptation avec le réalisateur Dick Richards (qui vient de mettre en scène Adieu ma jolie avec Robert Mitchum) et le scénariste Bob Kaufman. Ils envisagent alors Peter Sellers, Robin Williams (le futur Mrs Doubtfire !) et Michael Caine pour le rôle principal. Mais les choses s’accélèrent soudain quand Richards en parle à Dustin Hoffman qui s’enthousiasme sur le rôle et l’histoire mais exige un contrôle créatif complet. Evans accepte de se retirer de l’écriture pour se consacrer à sa tâche de producteur. Puis très vite, Richards est débarqué du projet à son tour pour différences créatives et remplacé par Hal Ashby (Le Retour). Mais lui non plus ne va pas pouvoir aller au bout car il a pris du retard sur son film en cours, Looking to get out et les menaces de procès s’il ne finit pas la post- production font reculer la Columbia. C’est en novembre 1981 que le studio contacte finalement Sydney Pollack qui vient de finir Absence de malice avec Paul Newman. Et le réalisateur de Nos plus belles années accepte de prendre les commandes.

Dustin Hoffman très impliqué

Dustin Hoffman a pris très à cœur ce rôle pour lequel il s’est énormément inspiré de sa propre mère, au point que le titre du film devienne le surnom que celle- ci lui donnait enfant ! Pour créer cette Dorothy Michaels, il a énormément regardé La Cage aux folles et pris conseil auprès de Meryl Streep avec qui il venait de tourner Kramer contre Kramer et qui l’entraînait à jouer Blanche DuBois dans Un tramway nommé désir. Puis, pour tester si son travail portait ses fruits, Hoffman n’a pas hésité à débarquer à une soirée de l’école de sa fille en se faisant passer pour sa tante auprès des autres parents et des enseignants qui n’y ont vu que du feu. Mais l’implication d’Hoffman s’est aussi fait sentir sur le choix de ses partenaires. Il a ainsi exigé et obtenu la présence de Bill Murray. Puis a réussi à faire plier son propre réalisateur, au départ extrêmement réticent, pour qu’il joue son agent. Et ce en le bombardant chaque jour d’un bouquet de fleurs signé « S’il te plaît, sois mon agent. Tendrement. Dorothy » jusqu’à ce que Pollack cède. Son travail paiera. Le film sera un carton en salles. Il décrochera un Golden Globe et une nomination aux Oscars, lors d’une soirée où, nommé à 11 reprises, Tootsie repartira avec une statuette. Celle du second rôle pour Jessica Lange.

Le premier rôle de Geena Davis au cinéma

Tootsie marque les débuts sur grand écran de Geena Davis que Sydney Pollack avait repérée comme mannequin avant de lui donner le rôle d’une des partenaires de Dorothy. Elle refera équipe dix ans plus tard avec Dustin Hoffman à l’occasion d’Héros malgré lui de Stephen Frears. Un film produit par la Columbia comme Tootsie.

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