Columbia Pictures

La Palme d’Or 1976 est à l’honneur ce soir de « Place au cinéma » sur France 5, présenté par Dominique Besnehard.

Un scénario écrit en 10 jours ?

Taxi driver met en scène les (més)aventures de Travis Bickle, vétéran de la Guerre du Vietnam devenu chauffeur de taxi à New- York, une ville dont la violence quotidienne lui fait peu à peu perdre la tête et le pousse à faire la justice lui- même en délivrant une prostituée mineure de ses souteneurs. Et la légende veut que son scénariste Paul Schrader n’ait mis que dix jours à coucher cette histoire sur le papier, alors qu’il venait de voir son tout premier scénario porté à l’écran avec The Yakuza de Sidney Pollack. Dix jours ou un mois ? On ne saura sans doute jamais vraiment avec exactitude la vérité. Mais une chose est certaine : pour imaginer ce personnage et cette intrigue, Schrader s’est inspiré de sa propre histoire. Et de son errance sans le sou dans les rues pendant des semaines où, après avoir été largué par sa petite amie, il était devenu accro à l’alcool, à la fréquentation des cinémas porno avec une obsession grandissante pour les armes à feu. Et avec Taxi driver, il a voulu se nourrir de ces souvenirs douloureux pour transposer dans le contexte new- yorkais violent le roman d’Albert Camus, L’Etranger.

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Un casting mouvementé devant et derrière la caméra

Taxi driver marque la première étape d’une fructueuse collaboration (9 films à ce jour) entre Martin Scorsese et Robert De Niro. Mais celui qui venait de signer coup sur coup Mean streets et Alice n’est plus ici n’était pas le premier choix pour la réalisation. Le projet va d’abord dans les mains de Robert Mulligan, l’homme de Du silence et des ombres et d’Un été 42 qui pense à Jeff Bridges, tout juste nommé à l’Oscar du second rôle pour Le Canardeur de Michael Cimino, pour incarner Travis Bickle. Al Pacino sera aussi contacté pour le jouer mais déclinera. Schrader mettra alors tout son poids pour imposer le tandem Scorsese- De Niro. Et ce dernier acceptera de n’être payé que 35 000 dollars et de renoncer à un gros contrat sur Un pont trop loin de Richard Attenborough pour devenir Bickle. Puis, pour jouer la jeune prostituée, Scorsese pense tout à tour à Melanie Griffith, Linda Blair, Bo Derek et Carrie Fisher. Mariel Hemingway, la petite fille de l’écrivain fut même à deux doigts d’être choisie et de débuter à l’écran trois avant qu’elle tienne le haut de l’affiche du Manhattan de Woody Allen. Mais elle abandonna, suite aux pressions de sa famille. Et c’est donc Jodie Foster que Scorsese avait déjà dirigée dans Alice n’est plus ici qui a été choisie. Elle n’avait alors que 12 ans et fut remplacée sur certaines scènes par sa sœur de 19 ans, Connie, qui fut son body double.

 

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Une scène culte improvisée

La fameuse scène où De Niro se parle à lui- même dans le miroir et lance l’inoubliable « You talking to me ? » a été improvisée par le comédien sur le plateau. Quand lui est remontée en mémoire la même phrase prononcée par Bruce Springsteen à un concert en réponse au public ne cessait de hurler son prénom. Cette phrase sera le symbole du culte voué à ce film, Palme d’Or en 1976 et nommé aux Oscars 77 à quatre reprises, notamment pour sa B.O., terminée par Bernard Herrmann quelques heures seulement avant sa mort. Un culte qui eut aussi des dommages collatéraux tragiques comme quand John Hinckley Jr. tenta d’assassiner le Président Ronald Reagan en mars 1981 en prétendant s’inspirer de lui.

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