PARAMOUNT / Universum Film

Bonne nouvelle : le remake d'Un justicier dans la ville avec Bruce Willis est un divertissement bien calibré.

Paul Kersey, chirurgien débonnaire et new-yorkais, voit sa vie basculer quand des voyous agressent sa famille, tuant sa femme et plongeant sa fille dans le coma. Il va prendre les armes pour les venger. En 2018, signer un remake d'Un justicier dans la ville, archétype du film de vigilante à l’époque incarné par Charles Bronson, c'est sortir sans gilet pare-balles dans un monde (disons : les Etats-Unis de Trump) où la présence des armes à feu est plus questionnée que jamais. Le film évacue d’ailleurs rapidement cette question « morale » : les actions du mystérieux justicier sont interrogés au fur et à mesure de l’intrigue à travers une émission de radio animée par des Afro-Américains, qui finissent par adouber le vigilante. Et les policiers sont tous de gentils fonctionnaires dépassés par leur surcharge de travail, bien contents d'avoir de l'aide en ces temps de coupes budgétaires. De ce point de vue là, c’est assez naïf, voire complètement déconnecté du réel.

Bang bang
Mais si l'on sépare la morale du cinéma, alors Death Wish est un divertissement extrêmement correct. Violent comme un thriller décontracté des années 90, relativement spectaculaire grâce à une utilisation astucieuse du CinemaScope et curieusement grand public (les effusions de sang sont réduites au strict minimum). Mais le point crucial du film c’est évidemment la prestation de Bruce Willis, qui aura passé l'essentiel du 21ème siècle à montrer qu'il n'en avait plus rien à foutre de rien (pour un Moonrise Kingdom, combien de Red, de G.I. Joe Conspiration ou de Die Hard 4 ou 5...). Bonne nouvelle, il apparaît ici beaucoup plus impliqué que d’habitude. Le film prend le temps de décrire la transformation d'un médecin en flingueur et donnant une réelle épaisseur au personnage de Kersey. L’autre motif de réjouissance c’est que, en creux, Death Wish dessine la nouvelle orientation du réalisateur Eli Roth vers le grand public - après son sympathique Knock Knock avec Keanu Reeves et en attendant La Prophétie de l'horloge. Le Eli Roth des petits films d'horreur crados comme Hostel et Green Inferno est la principale victime de Death Wish. Qui a dit tant mieux ?

 

 

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