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La Belle époque

Sa montée en puissance va naturellement énerver ceux qui sont allergiques. Parce que, oui, Nicolas Bedos divise. Plus que ça, c’est le genre de type clivant. Mais côté cinéma, il faut bien se faire une raison : il fait désormais partie de la famille des plébiscités. Premier long, Monsieur & Madame Adelman. Nomination au César du premier film. Deuxième long, La Belle Époque. Sélection hors compétition au Festival de Cannes, dans la même case que Le Grand Bain l’an passé, celle de « la grande comédie populaire française ».

Thierry Chèze
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Le voyage dans la Lune

Le gouvernement norvégien veut conquérir la Lune et demande à un inventeur farfelu de lancer une fusée de bric et de broc vers notre satellite. Les meilleurs amis de l’inventeur, un hérisson peureux et un canard audacieux, partent en mission.

Sylvestre Picard
affiche une colonie
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Une colonie

Une adolescente de 12 ans en passe de faire le grand saut. Celui qui la conduira de sa campagne natale à la « grande » école et à l’apprentissage de sa vie hors de son cocon, entre la brutalité du regard de certains de ses nouveaux camarades et sa fascination pour le garçon, plus marginal, rejeté précisément par les autres. Une colonie est fait de toutes ces petites choses-là.

Thierry Chèze
2 Et puis nous danserons

Il y a quelque chose d’assez inattaquable dans ce film découvert à la Quinzaine des réalisateurs dans lequel un jeune danseur géorgien découvre son homosexualité en tombant amoureux de son plus grand rival dans la compagnie où il évolue. Parce que Levan Akin prend la parole avec force pour dénoncer la répression dont sont victimes les homosexuels dans son pays d’origine. Ensuite, parce qu’il le fait avec une connaissance précise de ce pays qui permet non pas d’excuser mais de comprendre en profondeur le pourquoi et le comment de ce rejet violent.

Thierry Chèze
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L'Audition

Le génie ou plus précisément le sentiment de se retrouver face à un génie qu’on semble à voir peut être une source dangereuse d’aveuglement. Anna, prof de violon au Conservatoire va l’expérimenter à son corps défendant en imposant l’admission d’un élève que ses collègues trouvent eux trop juste. Le préparer à son examen de fin d’année devient alors sa seule obsession. Pour avoir raison contre tout le monde et surtout apaiser ses propres doutes et tourments intimes. Quitte à rendre jaloux son propre fils, blessé de se voir négligé.

Thierry Chèze
2 Furie

Territoires, le premier long d’Olivier Abbou, nous avait emballés. En huit ans, le cinéaste n’a rien perdu de sa capacité à créer de l’angoisse par une réalisation tapageuse assumée. Cette fois-ci, il raconte l’histoire d’un couple qui découvre à son retour de vacances que la nounou de leur fils et son mari, à qui ils avaient prêté leur maison, en ont changé toutes les serrures et refusent d’en partir. Débute alors un combat pour récupérer leur bien. D’abord juridique, puis en faisant fi de toute loi autre que celle du talion.

Thierry Chèze
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Adults in the room

Les « adultes dans la pièce », ce sont les interlocuteurs que réclamait Christine Lagarde, la patronne du FMI, en 2015, pour « rétablir le dialogue » avec la Grèce, après l’échec d’une réunion de la zone euro. Sous-entendu : les représentants du peuple grec, emmenés par le ministre des Finances Yanis Varoufakis, sont des enfants, incapables de se plier aux règles établies par les institutions européennes. Ce mépris de la gauche et de la démocratie par l’« establishment » est le socle thématique du nouveau Costa-Gavras.

Frédéric Foubert
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Place des Victoires

Un buddy movie sur fond d’histoire d’amitié improbable entre un quadra au RSA en instance de divorce et un gamin rom qui a tenté de lui voler le peu qu’il possède. Sur le papier, ce premier long peut faire craindre des débordements lacrymaux. Mais les apparences se révèlent trompeuses. Car Yoann Guillouzouic ne cherche jamais à tordre le bras aux spectateurs. Parce que ses personnages ne sont pas aimables. Parce que sa direction d’acteurs (De Tonquédec en tête, remarquable loin de son emploi habituel) est tenue.

Thierry Chèze
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Pavarotti

Territoires, le premier long d’Olivier Abbou, nous avait emballés. En huit ans, le cinéaste n’a rien perdu de sa capacité à créer de l’angoisse par une réalisation tapageuse assumée. Cette fois-ci, il raconte l’histoire d’un couple qui découvre à son retour de vacances que la nounou de leur fils et son mari, à qui ils avaient prêté leur maison, en ont changé toutes les serrures et refusent d’en partir. Débute alors un combat pour récupérer leur bien. D’abord juridique, puis en faisant fi de toute loi autre que celle du talion.

Thierry Chèze
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Le Char et l'olivier, une autre histoire de la Palestine

Le sous-titre de ce documentaire explique d’emblée la démarche de son réalisateur : une autre histoire de la Palestine. Et Roland Nurier entreprend de démontrer que le droit international a causé du tort aux Palestiniens. Il rappelle les combattants et les victimes. Était-il obligé pour autant d’aligner des contre-vérités historiques ? Ses intervenants relèvent quasiment tous de la même mouvance, proche de l’Association France Palestine Solidarité. Dans ce manifeste, il n’y a pas de place pour une autre voix.

Doctor Sleep
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Doctor Sleep

Donner suite à une oeuvre aussi culte que Shining relève de la gageure. Un pari a priori impossible. Surtout à une époque où n’importe quel classique des années 80 se voit remaker ou filer au train par un numéro 2 aseptisé, provoquant l’ire des fans de la première heure. L'annonce d’un deuxième Shining a donc forcément suscité un tollé, surtout à une époque où les réseaux sociaux défont (devrait-on dire “défonce” ?) une oeuvre avant même qu’elle n’existe.

François Rieux
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Oleg

L’homme est plus que jamais un loup pour l’homme, nous raconte ce film découvert à la Quinzaine des réalisateurs. La descente aux enfers d’Oleg, jeune Letton considéré comme « non citoyen » dans son pays, parti à Bruxelles gagner sa vie et qui, trahi par un collègue, va perdre son boulot et se retrouver sous la coupe d’un mafieux polonais. Le sujet n’est guère original, la mise en scène n’est pas très « dardenienne » non plus.

Thierry Chèze
Le Traitre - affiche française
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Le Traître

À première vue, pas grand-chose à attendre d’un genre – le thriller mafieux – qui aura donné au cinéma, surtout américain, des chefs d’oeuvre à la pelle à partir des années 30. Les cinéastes italiens, un peu à la traîne sur ce terrain-là, ont raconté leur propre histoire criminelle avec moins d’emphase et de génie (cf. les films de Francesco Rosi). Bellocchio (Les Poings dans les poches, Buongiorno notte...) répare la chose. Le Traître déploie et superpose tension, force, violence, emphase, mélancolie.

Thomas Baurez
La cordillère des songes affiche
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La Cordillère des songes

Il ne sait plus par quel bout prendre son pays. En exil depuis les années 70, le Chili est loin, comme un souvenir qui s’efface mais vous hante quand même, paradoxe douloureux qui a des allures de double peine. Alors il y retourne, comme à une tâche difficile ou à un devoir. De film en film, qu’on les appelle documentaires, essais ou poèmes, Patricio Guzmán interroge son rapport à ce pays fantôme qui lui file entre les doigts. Son angle d’attaque est cette fois la cordillère des Andes, barrière de montagnes qui « protège et isole » le Chili du reste du monde.

Guillaume Bonnet
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Debout sur la montagne

Dans le petit monde de la comédie française qui aime exposer ses muscles à grands coups de stars à l’affiche et de scores maousses au box-office, certaines exceptions moins tape-à-l’oeil parviennent heureusement à faire entendre leur voix, comme Sébastien Betbeder, l’homme de 2 automnes 3 hivers et Marie et les naufragés. Avec une constante : son cinéma est mû par ses personnages qui donnent le ton et le rythme du récit. Avec les maladresses et les coups de mou inhérents à ce style de films, mais aussi avec ce lien fort qu’il tisse tout naturellement avec le spectateur.

Thierry Chèze
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Un monde plus grand

Après trois collaborations fructueuses avec Diane Kruger (Frankie, Pieds nus sur les limaces, Sky), Fabienne Berthaud ouvre un chapitre inédit de ses aventures au cinéma. Nouvelle actrice en tête d’affiche (Cécile de France, remarquable) et première adaptation du livre d’une autre : celui de Corine Sombrun qui y racontait la découverte inattendue en Mongolie de son don rare pour le chamanisme et sa formation sur place pour l’exploiter pleinement.

Thierry Chèze
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Mon chien Stupide

POUR

Sophie Benamon
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Retour à Zombieland

En 2009, Bienvenue à Zombieland s’affirmait comme un Shaun of the Dead sauce barbecue, soit une excellente comédie qui s’intéressait autant à ses personnages qu’à l’apocalypse zombie. Dans le monde réel comme à Zombieland, dix ans se sont écoulés depuis la rencontre entre Tallahassee, Columbus, Little Rock et Wichita. Une décennie durant laquelle la petite famille dysfonctionnelle a continué d’arpenter les États-Unis, à la recherche d’un lieu où s’installer pour du long terme.

François Léger
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XY Chelsea

Chelsea Manning a défrayé la chronique en 2013 quand cette analyste militaire transgenre a été condamnée pour trahison après avoir transmis des documents secret-défense à Wikileaks. Héroïsme pour les uns, acte de traîtrise pour les autres, son geste de lanceuse d’alerte a provoqué aux USA un débat biaisé par ceux qui la stigmatisaient parce que transgenre. Mais Tim Travers Hawkins se noie dans ce sujet aussi riche que passionnant, incapable de trouver le bon équilibre entre portrait intime et réflexion politique autour de son action.

Thierry Chèze
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Happy, la méditation à l'école

Connaissez-vous la méditation de pleine conscience ? En anglais : mindfulness. Cette pratique prenant son essor dans les années 70 prône, comme l’expliquent les auteurs de ce documentaire, « le fait d’être conscient, présent à ce qu’on fait au moment où on le fait et non pas perdu dans nos pensées ». Hélène Walter et Éric Georgeault sont partis aux États-Unis à la rencontre d’adeptes de cet « entraînement du mental » de plus en plus en vogue, dans les écoles, les entreprises, les prisons...

Frédéric Foubert
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Terminator - Dark Fate

Divertissement plus qu’honnête, le sixième Terminator, mené par Linda Hamilton et Mackenzie Davis, déploie beaucoup d’efforts pour ressembler au Jugement dernier (le film, pas l’événement).

Sylvestre Picard
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Les charbons ardents

Des jeunes âgés de 16 à 19 ans. Ils vivent dans les Ardennes, en région parisienne ou dans le sud-est de la France. Leur point commun : ils sont en lycée professionnel et se destinent à entrer tôt dans le monde du travail. Hélène Milano recueille leurs témoignages face caméra. Ces garçons apparaissent fatalistes et inquiets. Ils s’interrogent sur la place que la société leur réserve, eux qui se sentent victimes d’ostracisme en tant que futurs manutentionnaires ou autres mécaniciens. Leurs angoisses sont les nôtres.

Christophe Narbonne
GALERIE
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Braquer Poitiers

Le temps d’un été, deux copains aussi tatoués que paumés séquestrent

Sylvestre Picard
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Au bout du monde

Habitué d’un cinéma de science-fiction (Invasion, Avant que nous disparaissions…) qu’il parvient régulièrement à transcender par une déchirante mélancolie, Kiyoshi Kurosawa change ici de registre en plongeant au cœur de l’Ouzbékistan dans les pas d’une journaliste télé japonaise dépêchée sur place pour une série de reportages. Entre Rendez-vous en terre inconnue et Lost in Translation, Au bout du monde raconte l’expérimentation complexe d’une culture étrangère.

Thierry Chèze
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5 est le numéro parfait

Peppi Lo Cicero, un ancien tueur à gages à la retraite, passe ses journées à prendre soin de son fils Nino, qui lui a succédé au sein de la mafia. Quand Nino est assassiné, le monde de Peppi s’écroule ; il exhume ses armes et repart en guerre. Adaptant lui-même son propre roman graphique, le bédéaste Igort signe un exercice de style au scalpel et à la beauté envoûtante. L’intrigue est volontairement simple et prétexte à des déflagrations visuelles et esthétiques étourdissantes. Mais plus qu’un beau livre d’images, le film devient une déclaration d’amour au 7e art.

Gaël Golhen
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Serendipity

Voilà un film dont on sort profondément bouleversé. Sa protagoniste, Prune Nourry, touchée à 30 ans par un cancer du sein, nous invite à suivre son parcours... Et derrière son apparence de journal filmé impudique, Serendipity se révèle un véritable manifeste artistique qui offre à voir le parcours et le discours de la plasticienne Prune Nourry. L’artiste mêle son histoire – à la fois personnelle et universelle – à sa réflexion sur le statut de la femme.

Sophie Benamon
Sorry we missed you affiche
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Sorry we missed you

Une famille broyée par les impératifs de la nouvelle économie qui imposent toujours plus de vitesse.

Thomas Baurez
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Hors normes

Une incroyable réussite qui, en s’emparant d’un sujet grave (l’autisme), impose un peu plus le cinéma de Toledano-Nakache.

Sophie Benamon
The Irishman 2
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The Irishman

Ce qui s’annonçait comme une dernière virée en forme de coup de jeune pour les rois du film de mafia se révèle une longue rumination pleine de douleur, de vieillesse et de regrets.

Guillaume Bonnet
Maléfique 2
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Maléfique : Le Pouvoir du Mal

Jessica Rabbit disait "je ne suis pas mauvaise, je suis juste dessinée comme ça", et le premier Maléfique, sorti en 2014, semblait découler de cette réplique en renversant de façon rigolote les archétypes Disney : son méchant originel, le modèle de tous les méchants du studio, Maléfique, devenait la belle-mère malgré elle de la princesse Aurora, victime de la violence des hommes sur les femmes -sa mutilation des ailes de fée noire était une métaphore à peine voilée du viol.

Sylvestre Picard