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La comédie romantique de Nancy Meyers, diffusée ce soir sur TF1, regorge de petits clins d'oeil à l'histoire du septième art.

À l'occasion des fêtes de fin d'année, TF1 propose ce soir de se blottir devant The Holiday, comédie romantique hivernale réalisée par Nancy Meyers et sortie en salles en 2006. Chasse-croisé amoureux des deux côtés de l'Atlantique sous fond de vacances de Noël, The Holiday allie un casting 50% british (Jude Law et Kate Winslet) et 50% américain (Cameron Diaz et Jack Black) pour un film qui a su à l'époque trouver son public des deux côtés. Avec 205 millions de dollars de recettes (le film frôla le million d'entrées en France), ce succès en salles est depuis devenu un classique des programmations du mois de décembre.

Au-delà de ses couples glamour et du goût de Nancy Meyers pour le classicisme des rom-coms de l'âge d'or, The Holiday baigne dans un sens constant de la référence aux classiques du cinéma. Bien aidé par le fait qu'une partie du film se déroule dans le milieu de l'industrie hollywoodienne (Cameron Diaz dirige une entreprise qui réalise des bandes-annonces pour laquelle travaille Jack Black, compositeur de bandes originales), le film de Meyers baigne un sens de la référence constant, du simple clin d'oeil amusant à la private joke plus subtile. À l'occasion de la diffusion du film ce soir, en voici quelques-unes.

Les classiques hollywoodiens de la comédie romantique

The Holiday comporte un nombre impressionnant de films référencés, se limitant souvent à l'apparition d'un boîtier DVD sur une étagère ou dans les rayons d'un vidéo-club. On en dénombre ainsi plus de deux cents sur les deux heures et quart que dure le film de Nancy Meyers. Mais le sens de la référence, lui, va parfois plus loin, notamment lorsqu'il s'agit d'aborder les comédies romantiques et autres comédies de couples classiques du cinéma hollywoodien.

Le film s'amuse même des codes de certains d'entre eux, à l'image de l'une des séquences entre Iris (Kate Winslet) et Arthur Abbott, scénariste de l'âge d'or incarné par Eli Wallach. Au cours d'une de leurs discussions, ce dernier évoque notamment la rencontre amoureuse en évoquant un cliché de la rom-com : le "meet-cute" (l'équivalent au cinéma du "Leurs regards se croisèrent"), en prenant pour exemple un homme et une femme qui se croiseraient dans un magasin en train d'acheter des pyjamas. Il s'agit en fait de la description d'une véritable scène de cinéma, à laquelle on peut assister dans La huitième femme de Barbe-Bleue d'Ernst Lubitsch et qui oppose Gary Cooper et Claudette Colbert.

Un peu plus tard dans le film, on peut voir Iris blottie devant son téléviseur en train de regarder un film en noir et blanc. Le film en question n'est autre que La dame du vendredi de Howard Hawks, grand classique avec Cary Grant et film emblématique de la screwball comedy des années 40, un genre alliant vivacité des répliques, excentricité des situations et personnages féminins forts. Difficile non plus de ne pas évoquer Le Lauréat, le classique de Mike Nichols qui fait son apparition lors de la scène du vidéo-club et qui donne à un très furtif mais savoureux caméo...

Les clins d'oeil des acteurs

Plusieurs petites références fugaces font aussi directement écho à la filmographie des quatre acteurs principaux du film. Par exemple, la petite maison que loue Iris dans le film se nomme le Rose Hill Cottage, trouvant écho dans le prénom du plus célèbre personnage incarné par Kate Winslet au cinéma, dans Titanic. De son côté, Amanda (Cameron Diaz) évoque à un moment une des bandes-annonces sur lesquelles elle travaille en demandant à ce que ses équipes évitent "le rouge à la Scorsese"... et ce alors que l'actrice avait incarné quatre ans plus tôt l'une des héroïnes de Gangs of New York.

Et lorsque Iris découvre pour la première fois la DVDthèque fournie de l'appartement d'Amanda, le film qu'elle choisit au moment de rencontrer pour la première fois Miles n'est autre que... Punch-Drunk Love, la comédie romantique de Paul Thomas Anderson dont Jack Black était le héros !

Le fil rouge Hans Zimmer / Ennio Morricone

Une des références les plus méta du film fait même figure de running gag tout au long du film. Au cours de la séquence du vidéoclub au cours de laquelle Miles évoque sa passion et son métier envers Iris, il lui présente notamment le DVD de Miss Daisy et son chauffeur avec le commentaire suivant : "Hans. Très surprenant. Vous vous souvenez d'à quel point c'était bien ?". Le Hans en question n'est autre que Hans Zimmer... qui a composé la bande-son de The Holiday.

Et la référence ne s'arrête pas là : au cours de la même séquence, Miles présente le DVD de Mission de Roland Joffé, Palme d'Or en 1986 et dont la bande-son est signée du grand Ennio Morricone, modèle et maître à penser de Zimmer. Les compositions d'Ennio Morricone se font d'ailleurs entendre à plusieurs reprises dans le film (sans oublier le présence au casting d'Eli Wallach, lié au souvenir du Morricone du Bon, la Brute et le Truand de Sergio Leone), notamment lorsque Miles fait entendre sur son autoradio des notes de la bande originale de Cinema Paradiso.

Mais le clin d'oeil le plus discret va se cacher au cœur même de la bande-son. Le thème principal du film, Maestro, ainsi que le morceau Kiss Goodbye permettent en effet à Zimmer de rendre hommage à Ennio Morricone en reprenant un thème de l'une de ses créations les plus illustres. Tous deux reprennent en effet des mesures du thème de Deborah dans Il était une fois en Amérique, toujours de Sergio Leone. La boucle est bouclée en somme.

L'histoire de The Holiday : Une Américaine (Amanda) et une Anglaise (Iris), toutes deux déçues des hommes, décident, sans se connaître, d'échanger leurs appartements. Iris, va débarquer dans une demeure de rêve tandis que la distinguée Amanda découvre une petite maison de campagne sans prétentions. Les deux femmes pensent passer de paisibles vacances loin de la gente masculine, mais c'était sans compter l'arrivée du frère d'Iris dans la vie d'Amanda, et la rencontre de Miles pour Iris....

The Holiday est diffusé ce soir à 20h55 sur TF1.