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Un dimanche soir en compagnie de Michel Gondry, Jan Kounen et Roman Polanski.

L’Ecume des jours de Michel Gondry

L’adaptation du roman poétique de Boris Vian revient sur le petit écran, mais dans une version raccourcie. Quelques mois après sa sortie, le monteur du Discours d’un Roi et d’American Beauty, Tariq Anwar, avait retouché le film du réalisateur d’Eternal Sunshine of a Spotless Mind pour le rendre plus attractif pour le public international. C’est cette version que France 2 proposera dimanche soir en deuxième partie de soirée. 

L'Ecume des jours amputé de 36 minutes pour l'étranger

La rédaction de Première avait préféré l’originale, certes parfois un peu étirée, mais pleine d’idées de mise en scène  : « Faire bouger les lignes, réaliser des greffes, c’est depuis toujours le principe directeur de la filmographie de Michel Gondry. Il a d’abord été un musicien qui tourne des clips. Puis un clippeur qui fait des films. Puis un cinéaste français exilé en Amérique. Puis un auteur de fictions qui signe des documentaires. Etc., etc. Dans cette optique, le défi d’adapter L’Écume des jours faisait figure à la fois de suite logique et de retour au bercail. Comme si, en dialoguant avec Boris Vian (autre inventeur de formes surdoué trop souvent réduit à une image de bricoleur sympa), en s’emparant d’un monument du patrimoine littéraire, en travaillant avec des stars (Duris, Tautou, Elmaleh, Sy), Gondry finissait enfin par accepter sa nature de fils prodige du cinéma français. La Gondry’s touch est-elle soluble dans le mainstream ? La modernité de 2013 a-t-elle quelque chose à dire à celle de 1947 ? Les questions soulevées par le projet débouchent sur un objet composite passionnant. Il n’y a qu’à voir la façon dont est filmé Paris, à la fois ancré dans une imagerie 50s surannée et irrigué par une noirceur très contemporaine, pour comprendre le délicat exercice de réappropriation qui se joue ici. Sans rien retrancher à Vian (le « pianocktail » et Jean-Sol Partre sont bien là), Gondry impose son imaginaire au matériau d’origine. Pas au forceps, pas pour faire son intéressant ni pour tordre la commande, mais bien pour redonner une pertinence poétique et une urgence émotionnelle à une histoire qui, à force d’avoir été adorée par tout le monde, prenait le risque de ne plus toucher personne. L’opération était délicate. La greffe est très réussie. » 

L'Ecume des jours sera diffusé le dimanche 3 juillet à 22h35 sur France 2

99 Francs de Jan Kounen 

Quelques jours après la sortie de L’Idéal, de Frédéric Beigbeder, Numéro 23 rediffuse « l’original », bien plus réussi. Dans 99 Francs, Octave (Jean Dujardin, très en forme) est publicitaire. La trentaine, parisien, fêtard, frivole, tout semble lui sourire : un boulot grassement payé, des amis, des filles à la pelle et de la coke, beaucoup. Et puis un jour voilà que déboule à la boite Sophie, la nouvelle. Plus rien ne sera pareil. En adaptant le brûlot littéraire anti-pub de Frédéric Beigbeder, Jan Kounen frappe fort mais juste. 99 Francs est une comédie d’un cynisme sans égal.  Les dialogues crépitent et les répliques cultes s'enchaînent. Épatant et sans pitié. 

« Jan Kounen, qui a pratiqué ce monde parallèle pendant des années, semble aussi remonté contre la pub que Frédéric Beigbeder. Son adaptation du best-seller de ce dernier n'en est que plus affûtée, attaquant le milieu comme un pitbull qui sortirait d'une grève de la faim. En passant le cap de l'écran, le texte aurait pu facilement donner lieu à un film verbeux qui se serait planqué derrière un usage abusif de la voix off. Comptez sur Kounen pour faire exactement l'inverse: une oeuvre totalement cinématographique alignant les mouvements de caméra renversants comme le cinéma français n'en a pas vu depuis un bail. »

99 Francs sera diffusé le dimanche 3 juillet à 20h55 sur Numéro 23

Tess de Roman Polanski 

En hommage à son ex-femme Sharon Tate, qui lui avait conseillé d’adapter le roman de Thomas Hardy au cinéma, Roman Polanski a réalisé Tess une dizaine d’années après son assassinat. Une oeuvre romantique et tragique portée par l’envoutante Nastassja Kinski, qui a reçu une pluie de récompenses en 1980. Un film culte suivi d’un documentaire sur sa fabrication compliquée : avec neuf mois de tournage dans 40 lieux différents et un an de post-production, Tess était à l’époque le long métrage le plus cher du cinéma français.

Tess sera diffusé le dimanche 3 juillet à 20h50 sur Arte