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Le même fait divers a été décliné en long-métrage et en téléfilm en deux parties, diffusés au même moment hier soir.

Est-ce la fin de l’année scolaire qui a inspiré cette double programmation ? W9 diffusait hier soir Le Pacte des sept grossesses à partir de 20h55, un téléfilm produit par Lifetime en 2010 et porté par Thora Birch (American Beauty, Ghost World), entre autres . Exactement à la même heure, Numéro 23 proposera 17 Filles, long métrage de Muriel et Delphine Coulin sorti un an plus tard. Ces deux fictions s’inspirent d’un même fait divers : le 18 juin 2008, le principal d’un lycée de Gloucester, aux Etats-Unis, a révélé que 18 étudiantes de l’établissement avaient fait un pacte afin de tomber enceinte au cours de l’année scolaire. L’affaire a fait beaucoup de bruit, et a été déclinée à la télévision (sur Lifetime, donc, mais aussi dans un épisode de Bones (The Salt in the Wounds), et dans Law and Orders (Babes). Un documentaire a également été fait sur le sujet, The Gloucester 18, ainsi que la mini-série espagnole El Pacto.

En France, 17 Filles est sorti au cinéma et a été très bien accueilli par la critique, car les deux réalisatrices ne jugent pas à la va-vite cette « mode » surprenante. Au contraire, elles profitent du fait divers marquant pour parler de l’adolescence en général et livrer une histoire proche de celle de Virgin Suicide, de Sofia Coppola. « Dans leur premier long métrage, inspiré d’un fait divers, les sœurs Coulin recourent abondamment à la synecdoque, cette figure de rhétorique qui privilégie la suggestion à la démonstration. Les réalisatrices visent juste : rien ne sert d’expliquer l’inexplicable. Une scène s’y essaie pourtant, et elle est comique. On y entend les professeurs des filles avancer de grandes théories qui semblent tout droit sorties des rubriques psycho des magazines... S’il fallait rapprocher 17 Filles d’un autre film, ce serait de Virgin Suicides. Même langueur pop, même image délicatement granuleuse, même genre de casting féminin hétérogène, même absence de garçons, réduits à des rôles de faire-valoir. Notre Kirsten Dunst nationale, elle, se nomme Louise Grinberg. Aussi belle et solaire que l’Américaine, elle a, dans l’attitude, cette touche d’arrogance typiquement française. »

Bande-annonce : 

Sur le petit écran, c'est cependant le téléfilm qui a le plus intrigué, attirant près de 500 000 téléspectateurs, soit 2,1% de part de marché. Le long métrage a fait quasiment deux fois moins bien : 274 000 vues. Ce qui est très loin derrière le "vrai" match d'hier soir, Hongrie/Belgique, qui a réuni plus de 6 millions de personnes devant le petit écran

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